Le Nigeria rétrograde à la 8e place de l'indice Absa des marchés financiers africains
Malgré ses réformes sur le change, le Nigeria perd deux places dans l'indice Absa 2026 et se classe huitième en Afrique, pénalisé par la faiblesse du naira et un déficit de transparence.

Le Nigeria a reculé de deux places dans l'indice Absa 2026 des marchés financiers africains, passant de la sixième à la huitième position. La publication, rendue publique cette semaine, classe le pays derrière l'Afrique du Sud, Maurice, le Maroc, le Kenya, l'Égypte, le Ghana et la Namibie. En cause : des scores en berne sur le change et la transparence, qui annulent les gains obtenus ailleurs. Le rapport pointe une dégradation de l'accès aux devises étrangères et un manque de clarté dans les règles du marché, deux critères qui pèsent lourd dans la note finale.
Depuis juin 2023, la banque centrale nigériane a libéralisé le taux de change et supprimé les subventions sur l'essence. Ces mesures devaient attirer les investisseurs et unifier les taux. Sur le papier, la réforme a bien eu lieu. Dans les faits, le naira a perdu plus de 60 % de sa valeur face au dollar en dix-huit mois, et l'écart entre le marché officiel et le marché parallèle reste important. Les opérateurs étrangers hésitent à rapatrier des capitaux quand ils ne savent pas à quel taux ils pourront sortir. Résultat : le Nigeria, première économie du continent, se fait distancer par des places plus petites mais plus lisibles.
La comparaison avec le Ghana voisin est éclairante. Accra, qui a aussi dévalué sa monnaie et restructuré sa dette, gagne des points sur la transparence et la prévisibilité des taux. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : un naira instable renchérit les envois vers le Nigeria et détourne une partie des flux vers des corridors plus stables. Les plateformes de change numérique doivent composer avec ces écarts, qui varient d'un jour à l'autre.
Le Nigeria garde des atouts : une population de 220 millions d'habitants, une bourse de Lagos dynamique et des banques solides. Mais sans règles de change stables et sans transparence sur les transactions, les réformes de 2023 ne produiront pas les effets attendus. L'indice Absa le rappelle : les investisseurs ne regardent pas seulement le PIB, ils regardent la facilité à entrer et à sortir. Pour l'instant, le Nigeria perd sur ce terrain face à des concurrents plus agiles.
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