Le Nigeria réaffirme son soutien à l'OMC lors du sommet des BRICS
Vice-président Shettima réitère l'engagement du Nigeria envers l'OMC et le multilatéralisme au sommet des BRICS, saluant la diaspora nigériane.

Le Nigeria a profité du sommet des BRICS pour réaffirmer son attachement à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et au multilatéralisme. Le vice-président Kashim Shettima, qui représentait le président Bola Tinubu, a défendu une gouvernance mondiale fondée sur des règles, à l'heure où les tensions commerciales entre grandes puissances fragilisent le système. Ce positionnement intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à diversifier leurs partenariats, entre Occident, Chine et Russie. Abuja veut garder une voix dans les instances où se décident les normes du commerce international.
Shettima a aussi mis en avant la contribution de la diaspora nigériane, décrite comme un moteur économique et un pont diplomatique. Les transferts des Nigérians de l'étranger dépassent les 20 milliards de dollars par an, selon la Banque mondiale. Un chiffre qui pèse lourd dans une économie sous pression, où le Naira a perdu près de 70 % de sa valeur depuis juin 2023. Pour les familles restées au pays, ces envois constituent souvent la principale source de revenus. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, rendant les transferts plus lisibles pour les expéditeurs.
Le soutien affiché à l'OMC n'est pas un simple geste de principe. Le Nigeria, premier PIB du continent, dépend des exportations de pétrole et de gaz, mais aussi d'importations massives de biens manufacturés. Un affaiblissement des règles multilatérales exposerait davantage son économie aux rapports de force. En parallèle, le pays tente d'attirer des investissements dans les énergies renouvelables et l'agro-industrie. Les BRICS, qui ont élargi leur cercle à l'Égypte, l'Éthiopie et l'Iran, offrent une alternative de financement, mais Abuja ne veut pas choisir un camp.
Reste à voir si cette posture se traduira par des actes. Le Nigeria siège à l'OMC mais tarde à mettre en œuvre certaines réformes commerciales, notamment sur les subventions agricoles et les barrières douanières. La diaspora, elle, attend des mesures concrètes sur les coûts de transfert et la reconnaissance de sa contribution. Le sommet des BRICS a permis de réaffirmer des principes. Le vrai test sera dans les négociations à Genève et dans les politiques intérieures.
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