Le Nigeria face au retour de l'inflation énergétique
La hausse des prix de l'énergie relance l'inflation au Nigeria, pesant sur le pouvoir d'achat des ménages et poussant le gouvernement à envisager des mesures correctives.

Le Nigeria voit l'inflation repartir à la hausse, portée par la flambée des prix de l'énergie. L'essence, le diesel et l'électricité coûtent plus cher, et cette pression se répercute sur l'ensemble des biens et services. Les transporteurs augmentent leurs tarifs, les commerçants répercutent la hausse sur les produits de base, et les ménages les plus modestes voient leur budget se réduire comme peau de chagrin. À Lagos, le prix du carburant à la pompe a grimpé de près de 30 % en un an, selon les relevés des stations-service. Une hausse qui intervient dans un contexte où les salaires stagnent et où le chômage reste élevé.
Cette inflation n'est pas un accident isolé. Elle découle en partie de la suppression des subventions sur l'essence décidée l'an dernier, qui a fait bondir les coûts pour les entreprises et les particuliers. S'y ajoute la dépréciation du naira, qui renchérit les importations de produits finis et de matières premières. Les économistes de la banque centrale reconnaissent que la politique monétaire seule ne suffira pas à contenir les prix. La hausse des taux directeurs, décidée ces derniers mois, vise à freiner la demande, mais elle met du temps à produire ses effets. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque point d'inflation grignote le pouvoir d'achat des sommes envoyées au pays.
Le gouvernement, de son côté, promet des mesures pour modérer les prix. Il évoque des aides ciblées pour les plus vulnérables et un soutien aux secteurs des transports et de l'agriculture. Mais les marges de manœuvre budgétaires sont étroites : la dette publique absorbe une part croissante des recettes, et les recettes pétrolières restent volatiles. Les opérateurs économiques attendent des actes concrets. Une chose est sûre : sans un apaisement rapide des tensions sur l'énergie, l'inflation continuera de peser sur la consommation et la croissance.
La question n'est pas seulement technique. Elle est sociale et politique. La hausse des prix alimentaires et des transports nourrit le mécontentement dans les villes, où les syndicats menacent de descendre dans la rue. Le gouvernement doit trouver un équilibre entre la nécessité de réduire les subventions coûteuses et la protection des ménages. Les prochains mois diront si les mesures annoncées suffisent à calmer le jeu. Pour l'instant, les indicateurs restent orientés à la hausse, et les prévisions de croissance pour 2025 sont revues à la baisse par plusieurs institutions.
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