Le Nigeria porte 7 840 milliards de nairas de garanties et passifs éventuels
L'État fédéral nigérian accumule 7 840 milliards de nairas de garanties, dont 2 740 milliards liés à un swap de devises. Une exposition qui pèse sur les finances publiques.

Le gouvernement fédéral nigérian a accumulé 7 840 milliards de nairas de garanties et passifs éventuels, selon les données publiées par le Bureau de la dette. Le poste le plus lourd : 2 740 milliards de nairas de collatéral lié à un swap de devises. En clair, l'État a engagé sa signature pour couvrir des risques pris par d'autres entités, et cette ardoise grossit. Les garanties souveraines ne sont pas de la dette classique, mais elles le deviennent dès que le bénéficiaire fait défaut. Avec un naira sous pression et des réserves de change sollicitées, ce matelas de sécurité devient un point de vulnérabilité.
Le swap de devises en question mérite qu'on s'y arrête. Ces contrats permettent à la Banque centrale de stabiliser le naira en échangeant des devises contre de la monnaie locale à terme. Mais quand le taux de change décroche, la contrepartie exige des appels de marge, et c'est le contribuable qui trinque. Les 2 740 milliards de nairas de collatéral illustrent ce mécanisme : plus le naira faiblit, plus la garantie coûte cher. Pour les opérateurs qui suivent le marché des changes, cette exposition complique la lecture des risques souverains. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, et la volatilité du naira s'y lit directement.
Le reste des engagements se répartit entre garanties accordées à des projets d'infrastructure, des emprunts d'entreprises publiques et des passifs liés à des contrats de partenariat. Le Fonds monétaire international a déjà alerté Abuja sur la croissance de ces engagements hors bilan, qui échappent au contrôle parlementaire annuel. La question n'est pas tant le montant que la transparence : combien de ces garanties se transformeront en dépenses effectives ? Personne ne le sait précisément, et c'est bien là le problème. Les agences de notation surveillent ce chiffre de près avant de réévaluer la note souveraine du Nigeria.
La publication de ces données tombe mal. Le gouvernement prépare son budget 2025 avec un déficit déjà financé en grande partie par la dette, et les recettes pétrolières ne suivent pas. Chaque garantie appelée réduit la marge de manœuvre budgétaire. Les autorités misent sur une hausse de la production pétrolière et sur la réforme des changes pour desserrer l'étau. Mais tant que le naira reste fragile, ces 7 840 milliards de nairas de passifs éventuels resteront une épée de Damoclès suspendue au-dessus des finances fédérales.
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