Le secteur de l'élevage nigérian pèse désormais 3 230 milliards de nairas dans le PIB
Le ministre du Développement de l'élevage Idi Mukhtar Maiha annonce que la contribution du secteur au PIB atteint 3 230 milliards de nairas, portée par la formalisation d'une filière longtemps informelle.

Le chiffre est tombé mardi sur le plateau de Business Daily, l'émission de Trust TV. Idi Mukhtar Maiha, ministre du Développement de l'élevage, a annoncé que son secteur pèse désormais 3 230 milliards de nairas dans le PIB nigérian. Un montant qui ne dit rien à première vue, mais qui marque un basculement : l'élevage nigérian, longtemps compté en marge des statistiques officielles, entre dans les tableaux macroéconomiques du pays avec un poids comparable à celui de certaines filières industrielles.
Le ministère lui-même est récent. Le gouvernement fédéral l'a créé pour sortir l'élevage de l'informel et le moderniser. Concrètement, cela signifie recenser les troupeaux, tracer les flux de bétail, encadrer la transhumance et faire entrer dans le circuit fiscal des activités qui échappaient à peu près totalement à l'État. Le Nord du pays, du plateau de Jos au Sahel, concentre l'essentiel de ce cheptel. Formaliser ces circuits, c'est aussi mettre la main sur une chaîne de valeur qui alimente déjà les marchés à bétail de Kano, Kaduna ou Maiduguri.
L'enjeu dépasse la statistique. Le Nigeria importe encore une part importante de sa viande et de ses produits laitiers, alors que son cheptel national est l'un des plus importants d'Afrique de l'Ouest. La question du financement reste entière : les éleveurs travaillent souvent hors du système bancaire, sans garanties, sans épargne formelle. Pour les opérateurs et les commerçants qui font circuler les capitaux entre le Nord nigérian et le reste de la sous-région, cette formalisation progressive change la donne sur les flux financiers et la traçabilité des transactions.
Reste à voir si le chiffre tient dans le temps. Une contribution au PIB de 3 230 milliards de nairas vaut ce que vaut la monnaie qui la mesure, et le naira a connu des épisodes de forte volatilité ces derniers mois. La vraie mesure du succès ne sera pas le montant annoncé mardi, mais la capacité du ministère à transformer un élevage de subsistance en filière structurée, avec des éleveurs bancarisés, des abattoirs aux normes et des exportations vers les pays voisins.
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