Le Nigeria exclut tout retour aux subventions sur le carburant et le change
Le conseiller fiscal du président Tinubu, Taiwo Oyedele, a écarté un retour des subventions sur l'essence et le naira, alors que le gouvernement vise une croissance de 7 %, plus optimiste que les prévisions du FMI.

Taiwo Oyedele a tranché. Le président de la commission de politique fiscale, proche du président Bola Tinubu, a déclaré cette semaine que le Nigeria ne reviendrait pas sur la suppression des subventions sur l'essence et sur le change. Une manière de verrouiller les réformes lancées en 2023, quand l'État a cessé de payer la différence entre le prix réel de l'essence et celui vendu à la pompe, avant de laisser le naira flotter. Ces deux décisions ont fait bondir l'inflation et renchéri le coût de la vie, mais elles ont aussi allégé un budget fédéral qui engloutissait des milliards de dollars chaque année.
Le gouvernement assume désormais une cible de croissance de 7 %, nettement plus élevée que les projections du Fonds monétaire international. Un tel objectif suppose que la production pétrolière se redresse et que les investissements dans le raffinage local, portés par la méga-raffinerie de Dangote, réduisent la facture des importations de carburant. Sur le marché des changes, la fin des subventions a laissé le naira trouver son niveau, avec une volatilité qui pèse sur les importateurs et les ménages. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts vers le Nigeria, où chaque point de dépréciation du naira rogne le pouvoir d'achat des sommes reçues.
Oyedele ne s'arrête pas là. Il plaide pour une réduction de la dépendance aux emprunts et pour un élargissement de la base fiscale, alors que le ratio impôts/PIB du Nigeria reste parmi les plus faibles d'Afrique. Le message est clair : pas de retour en arrière sur les subventions, même si la pression sociale monte. Les syndicats et une partie de l'opposition réclament des mesures d'accompagnement, notamment sur le transport et l'alimentation, dont les prix ont flambé depuis deux ans.
La crédibilité de cet engagement se mesurera sur deux fronts : la capacité du gouvernement à tenir son objectif de 7 % sans relancer les déficits, et sa détermination à laisser le naira s'ajuster sans interventions de fortune. Les marchés suivront de près les prochains arbitrages budgétaires, car chaque déclaration sur les subventions déplace les anticipations de change et les décisions d'investissement des opérateurs présents dans le pays.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Nigeria : le ministre des Finances vise 7 % de croissance, au-delà des prévisions du FMI
Taiwo Oyedele juge trop prudent le pronostic de 4,3 % du FMI pour 2026 et affirme que l'économie nigériane peut croître de 7 %, portée par les réformes fiscales et la diversification.

Nigeria vise 7 % de croissance et compte dépasser les prévisions du FMI
Le gouvernement nigérian veut atteindre 7 % de croissance d'ici 2027, contre 4,3 % prévus par le FMI, en accélérant les réformes et en réduisant l'inflation pour soutenir l'activité économique.

Le FMI alerte sur les risques économiques mondiaux et appelle à une meilleure gestion de la dette
Le Comité monétaire et financier international met en garde contre l'accumulation des risques géopolitiques et financiers et presse les États de renforcer leur gestion budgétaire et leur coopération.