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Nigeria : le ministre des Finances vise 7 % de croissance, au-delà des prévisions du FMI

Taiwo Oyedele juge trop prudent le pronostic de 4,3 % du FMI pour 2026 et affirme que l'économie nigériane peut croître de 7 %, portée par les réformes fiscales et la diversification.

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Rédaction SendXOF

Publié le 17 octobre 2026

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Nigeria : le ministre des Finances vise 7 % de croissance, au-delà des prévisions du FMI

Le ministre nigérian des Finances, Taiwo Oyedele, ne mâche pas ses mots. À l'occasion d'une rencontre économique à Lagos, il a déclaré que le Nigeria visait une croissance de 7 % et que la projection du Fonds monétaire international (FMI) de 4,3 % pour 2026 était trop timide. Pour lui, l'économie du pays a le potentiel de dépasser nettement les attentes des institutions internationales. Une déclaration qui tranche avec les habitudes prudentes des responsables budgétaires, et qui fixe un cap ambitieux à un pays encore convalescent après deux récessions en moins de dix ans.

Le contexte donne du poids à cet optimisme affiché. Depuis l'arrivée au pouvoir de Bola Tinubu en 2023, Abuja a engagé une série de réformes difficiles : fin des subventions sur l'essence, unification des taux de change, suppression progressive des exonérations fiscales. Ces mesures ont fait bondir l'inflation et pesé sur le pouvoir d'achat, mais elles ont aussi assaini les finances publiques et rassuré les investisseurs. La croissance a rebondi à 3,4 % en 2024, puis à 4,1 % au premier semestre 2025, selon les chiffres de l'agence nationale de la statistique. Pour Oyedele, cette dynamique peut s'accélérer à mesure que les réformes portent leurs fruits.

Les secteurs qui tirent l'économie nigériane restent toutefois fragiles. Le pétrole, qui fournit encore plus de 80 % des recettes en devises, subit la volatilité des cours mondiaux et une production en dents de scie. L'agriculture, l'industrie manufacturière et les services numériques progressent, mais leur contribution au PIB reste limitée. Les économistes indépendants rappellent que le Nigeria doit composer avec une population qui croît de 2,5 % par an : une croissance de 7 % ne se traduirait par une amélioration du niveau de vie que si elle dépasse durablement cette barre. La question du change reste centrale pour les entreprises importatrices, et des plateformes comme SendXOF répercutent au quotidien les variations du naira sur leurs taux affichés.

L'écart entre les prévisions du FMI et les ambitions d'Abuja illustre un débat plus large sur la méthode de calcul. Le FMI table sur un ralentissement de la demande mondiale et sur la persistance de l'inflation au Nigeria, qui tourne encore autour de 30 %. Le gouvernement, lui, mise sur la formalisation de l'économie et sur l'élargissement de la base fiscale pour financer ses investissements. Les prochains mois diront si la trajectoire de croissance se rapproche des 7 % espérés. Une chose est sûre : le Nigeria a besoin d'une croissance forte et durable pour absorber les millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

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