Le Nigeria enregistre 231 millions d'appareils et lance la vérification des téléphones
La NCC a recensé environ 231 millions d'appareils télécoms alors qu'elle démarre un système de vérification pour bloquer les téléphones contrefaits, clonés ou non homologués sur les réseaux mobiles.

Le régulateur nigérian des télécoms a mis sur la table un chiffre qui donne le vertige : 231 millions d'appareils enregistrés dans le pays. La Nigerian Communications Commission (NCC) a profité de cette annonce pour confirmer le démarrage effectif de son système de vérification des téléphones. Concrètement, chaque appareil qui se connecte au réseau devra être identifié. Les faux, les clones et les modèles non homologués seront bloqués. L'opération vise à assainir un marché où les contrefaçons circulent massivement depuis des années.
Le mécanisme repose sur un registre centralisé. Les opérateurs — MTN, Airtel, Glo, 9mobile — croiseront les identifiants uniques de chaque téléphone avec cette base avant d'autoriser l'accès au réseau. Un appareil non répertorié ne pourra plus passer d'appel ni se connecter aux données. La NCC promet une transition progressive pour ne pas couper brutalement des millions d'utilisateurs. Mais la mesure inquiète déjà les revendeurs de téléphones d'occasion, très actifs dans les marchés de Lagos, Kano ou Onitsha, où les importations parallèles alimentent un commerce florissant.
Le Nigeria compte plus de 220 millions d'habitants et le mobile y est le principal point d'accès à internet. Bloquer des appareils non conformes pourrait donc avoir des effets en cascade : des usagers privés de connexion, des petits commerces qui perdent leur outil de travail, et un marché gris qui risque de se réorganiser. La NCC mise sur un effet dissuasif à moyen terme : si les contrefaçons ne fonctionnent plus, elles se vendront moins. Reste à voir si les contrôles suivront réellement, car les précédentes campagnes d'enregistrement de cartes SIM avaient déjà montré leurs limites.
Cette vérification s'inscrit dans une tendance plus large en Afrique de l'Ouest : les États veulent reprendre la main sur leurs réseaux télécoms. Le Ghana a déjà testé des dispositifs similaires, avec un succès mitigé. Pour le Nigeria, l'enjeu dépasse la simple lutte contre la contrefaçon. Il s'agit aussi de sécuriser les transactions mobiles, de tracer les appareils utilisés dans les fraudes et, à terme, de mieux contrôler les flux numériques. Une ambition qui se heurte à la réalité d'un parc d'appareils largement informel et difficile à cartographier.
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