Migrations par mer : chute de 59 % des arrivées en Europe depuis quatre pays d'Afrique de l'Ouest
L'OIM enregistre une baisse de 59 % des arrivées de migrants par voie maritime en Europe au premier semestre 2026, en provenance de quatre pays ouest-africains. Un recul qui interroge sur les causes réelles.

Les chiffres sont tombés ce lundi. Entre janvier et juin 2026, 59 % de migrants en moins ont traversé la Méditerranée depuis quatre pays d'Afrique de l'Ouest pour rejoindre l'Europe, selon l'Organisation internationale pour les migrations. La comparaison porte sur la même période en 2025. Quatre pays sont concernés : le Sénégal, la Mauritanie, le Mali et la Guinée. Les départs depuis les côtes mauritaniennes et sénégalaises, points de passage majeurs vers les Canaries, ont nettement ralenti. L'OIM ne détaille pas encore les nationalités, mais la tendance est nette sur les six premiers mois de l'année.
Plusieurs facteurs expliquent ce recul. La surveillance maritime a été renforcée au large de Nouadhibou et de Saint-Louis, avec des patrouilles conjointes entre les gardes-côtes mauritaniens et sénégalais. Les réseaux de passeurs ont aussi changé de routes, se tournant vers des trajets plus longs et plus coûteux via le Maroc ou la Tunisie. Enfin, la situation économique dans certains pays de départ s'est légèrement améliorée : la reprise des exportations de bétail au Mali et la stabilisation du franc CFA ont réduit la pression sur les ménages les plus exposés. La diaspora, elle, continue d'envoyer de l'argent, mais les montants moyens par transfert baissent depuis deux ans.
Ce chiffre de 59 % ne signifie pas pour autant que les départs ont cessé. Les organisations humanitaires signalent que les traversées vers les Canaries restent dangereuses, avec des naufrages réguliers au large de Tarfaya et de Dakhla. Les migrants qui empruntent ces routes sont souvent bloqués des mois au Maroc ou en Algérie avant de tenter la traversée. Le retour forcé de certains d'entre eux vers le Sénégal ou la Guinée alimente aussi des flux internes, plus difficiles à quantifier. L'OIM prévient que la baisse pourrait être temporaire si les conditions économiques se dégradent à nouveau dans la sous-région.
Pour les pays de départ, ce recul a un double effet. Il réduit la pression sur les finances publiques liées à la gestion des rapatriements, mais il prive aussi certaines familles de revenus issus de la migration. Les transferts de fonds des diasporas ouest-africaines représentaient encore plus de 30 milliards de dollars en 2025, selon la Banque mondiale. Une baisse durable des départs pourrait à terme réduire ces flux, avec des conséquences directes sur la consommation des ménages dans les zones rurales. Les prochains mois diront si cette tendance se confirme ou si elle n'était qu'un contrecoup conjoncturel.
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