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Le Nigeria engrange 55 milliards de dollars de réserves grâce à la hausse du brut

Les réserves de change du Nigeria atteignent 55,06 milliards de dollars, dopées par la flambée des cours du pétrole et les revenus sécurisés par Tantita. Une bouffée d'oxygène pour le Naira et les importateurs.

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Rédaction SendXOF

Publié le 12 octobre 2026

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Le Nigeria engrange 55 milliards de dollars de réserves grâce à la hausse du brut

Le Nigeria a vu ses réserves de change grimper à 55,06 milliards de dollars, un plus haut depuis des mois. La raison tient en un mot : le pétrole. Les cours du brut se maintiennent au-dessus des 80 dollars le baril, et chaque cargaison vendue rapporte des devises fraîches à Abuja. Mais il y a un deuxième facteur, moins connu : Tantita Security Services, la société de protection d'oléoducs dirigée par l'ancien chef milicien Government Ekpemupolo, dit Tompolo. Depuis qu'elle surveille les pipelines du delta du Niger, les vols de brut ont chuté, et les exportations ont repris du poil de la bête. Résultat : plus de barils vendus, plus de dollars qui rentrent.

Pour les opérateurs économiques, cette accumulation de réserves change la donne. La Banque centrale du Nigeria (CBN) dispose désormais d'une marge de manœuvre pour défendre le Naira, qui reste sous pression sur le marché parallèle. À Lagos, les bureaux de change affichent encore des taux proches de 1 500 nairas pour un dollar, alors que le taux officiel oscille autour de 1 350 nairas. L'écart se réduit lentement, signe que les devises commencent à circuler. Les importateurs de riz, de carburant ou de pièces détachées respirent un peu : ils peuvent à nouveau planifier leurs achats sans craindre une dévaluation brutale du jour au lendemain. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira plus stable rend les envois vers le Nigeria moins erratiques.

Tantita, elle, n'est pas une entreprise ordinaire. Créée en 2022 par Tompolo, elle emploie des milliers de jeunes de la région, souvent d'anciens militants. Sa mission : empêcher les vols sur les pipelines de la NNPC, la compagnie pétrolière nationale. Le contrat, estimé à plusieurs milliards de nairas par an, a fait grincer des dents. Certains y voient une privatisation de la sécurité au profit d'un homme fort. D'autres, plus pragmatiques, constatent que les vols ont effectivement baissé. En 2023, la NNPC estimait perdre 700 000 barils par jour à cause du sabotage et des siphonnages. Aujourd'hui, ce chiffre aurait été réduit de moitié, selon des sources industrielles. Chaque baril sauvé, c'est environ 80 dollars qui entrent dans les caisses de l'État.

Reste à savoir si cette embellie durera. Les cours du pétrole restent volatils, et la production nigériane plafonne autour de 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions d'il y a dix ans. La sécurité des pipelines, elle, dépend d'un équilibre fragile entre Abuja et les groupes du delta. Une chose est sûre : pour l'instant, les réserves montent, et le Naira en profite. Les prochains mois diront si cette bouffée d'air se transforme en tendance durable ou si elle s'évapore avec la prochaine chute des prix.

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