Le Nigeria conteste les agences de notation qui renchérissent sa dette
Le gouvernement nigérian accuse les agences internationales de sous-évaluer ses réformes économiques, ce qui alourdit le coût de ses emprunts sur les marchés.

Le gouvernement fédéral nigérian a publiquement mis en cause les agences de notation internationales, leur reprochant de ne pas intégrer les réformes économiques engagées par Abuja dans leurs évaluations. Selon lui, ces notes souveraines dégradées ou maintenues à un niveau spéculatif renchérissent mécaniquement le coût de la dette. Le ministre des Finances, Wale Edun, a défendu les efforts de son équipe : suppression des subventions sur l'essence, unification du taux de change, et assainissement progressif des finances publiques. Des décisions douloureuses, mais qui commencent à porter leurs fruits sur la stabilité macroéconomique, plaide-t-il.
Le problème est que les agences, Moody's, Fitch et S&P en tête, ne l'entendent pas de cette oreille. Elles pointent la persistance d'une inflation à plus de 30 % sur un an, la volatilité du naira et un endettement public qui absorbe une part croissante des recettes. Résultat : le Nigeria emprunte à des taux à deux chiffres sur les marchés internationaux, quand des pays comparables s'en sortent à moitié prix. Chaque dégradation coûte des milliards de nairas en intérêts supplémentaires, de l'argent qui ne va ni aux routes ni aux hôpitaux.
Cette bataille sur la notation n'est pas qu'une affaire de chiffres. Elle touche directement les opérateurs économiques nigérians. Les banques qui cherchent des lignes de crédit internationales voient leurs marges se réduire. Les entreprises qui importent des matières premières paient plus cher leur financement en dollars. Et pour la diaspora ouest-africaine qui envoie de l'argent au pays, cette incertitude monétaire se répercute sur le coût des transferts. Des plateformes numériques comme SendXOF ajustent leurs taux en temps réel pour que les utilisateurs sachent exactement ce qu'ils envoient et ce que leurs proches reçoivent.
Le bras de fer entre Abuja et les agences n'est pas près de se terminer. Le gouvernement veut obtenir un reclassement, mais les agences attendent des preuves durables : une inflation qui reflue, un naira qui se stabilise, des recettes fiscales qui grimpent. Tant que ces indicateurs resteront fragiles, le Nigeria continuera de payer le prix fort pour emprunter. Et ce sont les contribuables nigérians qui, au bout du compte, supportent la facture.
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