Le Nigeria absorbe 18,34 milliards de dollars de devises au deuxième trimestre
La demande de devises au Nigeria a atteint 18,34 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, un plus haut depuis quinze ans. Les services financiers tirent cette flambée.

Le Nigeria a consommé 18,34 milliards de dollars de devises entre avril et juin 2026. C'est le niveau le plus élevé depuis quinze ans, selon les données de la banque centrale. La hausse ne vient pas des importations de marchandises, mais des services financiers, dont les besoins ont bondi sur la période. En clair, les entreprises et les particuliers ont réclamé bien plus de dollars pour payer des frais bancaires, des assurances, des transferts et des opérations de couverture. Un signe que l'économie formelle tourne, mais aussi que le pays dépend toujours autant des devises étrangères pour faire tourner sa machine.
Cette poussée des services financiers dit quelque chose de précis. Les banques nigérianes multiplient les transactions internationales, les fintechs montent en puissance et les entreprises cherchent à se protéger contre les sauts du Naira. Chaque contrat en dollars, chaque abonnement logiciel, chaque assurance réglée à l'étranger passe par le guichet des devises. Résultat : la demande grimpe même quand le commerce de biens ralentit. La banque centrale, elle, doit arbitrer entre alimenter ce marché et défendre ses réserves. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
Le chiffre de 18,34 milliards de dollars pose une question simple : d'où vient l'argent ? Le Nigeria vend du pétrole, mais sa production reste fragile et les cours ne montent pas en flèche. Les réserves de change, autour de 40 milliards de dollars selon les dernières publications, ne peuvent pas absorber indéfiniment une demande qui grossit de trimestre en trimestre. Si les services financiers continuent sur ce rythme, la pression sur le Naira reviendra par la porte de derrière. Les opérateurs le savent : ils regardent moins le taux officiel que la vitesse à laquelle la banque centrale peut tenir.
Ce record de quinze ans n'est pas un accident. Il raconte une économie qui se tertiarise, où les flux financiers pèsent plus lourd que les cargaisons de riz ou de ciment. Mais il rappelle aussi une dépendance : sans entrées de devises solides, cette demande finit par se heurter à un mur. La banque centrale devra choisir entre laisser filer le Naira ou puiser dans ses réserves. Les prochains mois diront lequel des deux coûte le moins cher.
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