Le Nigeria a consacré 5 280 milliards de nairas au service de sa dette intérieure au premier semestre 2026
Le Nigeria a déboursé 5 280 milliards de nairas pour rembourser sa dette intérieure entre janvier et juin 2026, dont 4 950 milliards en intérêts et loyers, selon la DMO.

La charge de la dette intérieure nigériane a atteint 5 280 milliards de nairas sur les six premiers mois de 2026, d'après les chiffres publiés par le Debt Management Office. Sur cette somme, 4 950 milliards, soit près de 94 %, sont partis en intérêts et en loyers. Le reste, environ 330 milliards, a couvert d'autres frais liés aux instruments de dette. En un semestre, l'État nigérian a donc mobilisé l'équivalent de plusieurs mois de recettes fiscales non pétrolières pour payer ses créanciers locaux.
Le poids des intérêts s'explique par la structure même de la dette intérieure. La majeure partie est logée dans des obligations fédérales à taux fixe, émises à des rendements élevés ces dernières années pour attirer les investisseurs locaux et contenir l'inflation. Résultat : chaque échéance trimestrielle absorbe une part croissante du budget. Les banques, les fonds de pension et les assureurs, principaux détenteurs de ces titres, encaissent des coupons réguliers. Pour eux, c'est une rente confortable. Pour l'État, c'est une ponction qui réduit d'autant les marges de manœuvre budgétaires.
Le ratio service de la dette sur recettes fédérales reste au-dessus de 40 %, un seuil que les économistes considèrent comme critique. Abuja tente de rallonger la maturité de sa dette et de réduire le recours aux bons du Trésor à court terme, mais l'inflation, encore supérieure à 30 % en glissement annuel, complique l'exercice. La CBN maintient un taux directeur élevé pour freiner la hausse des prix, ce qui renchérit mécaniquement le coût des nouveaux emprunts. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car le naira reste sous pression et les frais de change absorbent une part plus importante des envois.
La question qui monte à Abuja n'est plus de savoir s'il faut emprunter, mais à quel prix et pour combien de temps. Le gouvernement prévoit de convertir une partie de sa dette en instruments indexés sur l'inflation et de solliciter davantage les bailleurs multilatéraux. Mais tant que les recettes fiscales ne décollent pas, le service de la dette continuera de manger le budget. Les 5 280 milliards du premier semestre donnent la mesure du chemin à parcourir.
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