Le Nigeria a attiré 8,94 milliards de dollars de devises en 2025, en hausse de 20,5 %
La Banque centrale du Nigeria a enregistré 8,94 milliards de dollars d'entrées de devises en 2025, contre 7,43 milliards en 2024. Une progression de 20,5 % qui reste en dessous des niveaux d'avant 2023.

Le Nigeria a vu affluer 8,94 milliards de dollars de devises en 2025, selon le bulletin statistique publié par la Banque centrale du Nigeria. C'est 20,5 % de plus qu'en 2024, où les entrées s'étaient limitées à 7,43 milliards. La hausse s'est construite mois après mois, portée par des périodes de forte activité : les mois où les cours du brut se sont raffermis et où les investisseurs de portefeuille sont revenus sur les titres nigérians. Le total reste toutefois loin des niveaux d'avant 2023, quand le pays attirait plus de 15 milliards de dollars par an.
Le chiffre de 8,94 milliards ne dit pas tout. Il couvre les devises vendues sur le marché officiel, mais laisse de côté le marché parallèle, où le Naira continue de se négocier bien plus bas. Cette fragmentation complique la lecture pour les opérateurs : un importateur de Lagos qui achète ses dollars à la fenêtre officielle ne paie pas le même prix qu'un commerçant d'Abuja qui passe par le bureau de change du coin. L'écart entre les deux taux reste un sujet de friction pour la CBN, qui a multiplié les circulaires pour rapprocher les deux cours.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Plus le pays reçoit de devises par les canaux officiels, plus les taux affichés se stabilisent, et plus les envois d'argent vers le Nigeria deviennent prévisibles. Les transferts depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire ou le Bénin représentent une part importante de ces entrées, même si la CBN ne les isole pas dans ses statistiques. Les opérateurs de transfert suivent ces chiffres de près, car ils déterminent en partie les marges qu'ils peuvent appliquer.
La progression de 20,5 % ne suffit pas à effacer les inquiétudes. Le Nigeria importe toujours massivement du carburant raffiné, des machines et des denrées alimentaires, ce qui absorbe une grande partie des devises entrantes. Tant que la production pétrolière reste en dessous de son potentiel et que les investissements directs étrangers tardent à revenir, le pays restera dépendant des flux de court terme. Le bulletin de la CBN le montre : la hausse est réelle, mais elle ne règle pas la question de fond, celle d'une économie qui consomme plus de dollars qu'elle n'en produit.
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