Le NESG pointe le coût de l'énergie et le financement pour expliquer le déclin industriel nigérian
Le Nigerian Economic Summit Group attribue la chute du secteur manufacturier à des coûts énergétiques élevés, un financement insuffisant et la concurrence des importations. Un diagnostic qui interpelle les politiques économiques.

Le Nigerian Economic Summit Group (NESG) a livré un diagnostic sans détour sur l'état du secteur manufacturier nigérian. Dans un rapport publié cette semaine, le think tank identifie trois causes principales à la baisse de la production industrielle : des coûts d'énergie prohibitifs, un accès au financement trop limité et une concurrence des importations qui étouffe les producteurs locaux. Le constat n'est pas nouveau, mais il prend une résonance particulière alors que le pays cherche à diversifier son économie hors du pétrole.
Le NESG s'appuie sur des données concrètes. Les entreprises manufacturières nigérianes consacrent en moyenne 40 % de leurs charges d'exploitation à l'énergie, contre 15 à 20 % dans des pays comparables comme le Kenya ou l'Afrique du Sud. La faiblesse du réseau électrique oblige les industriels à produire leur propre courant via des générateurs diesel, dont le coût a explosé depuis la fin des subventions sur le carburant en 2023. À cela s'ajoute un taux d'intérêt directeur maintenu à 27,5 % par la Banque centrale, qui rend le crédit quasi inaccessible pour les petites et moyennes entreprises.
Le financement reste le nerf de la guerre. Les banques nigérianes privilégient les prêts à court terme et les secteurs à faible risque, laissant les industriels se tourner vers des sources alternatives ou réduire leurs investissements. Le NESG recommande une réforme du crédit et des incitations fiscales ciblées pour les chaînes de valeur locales. Pour la diaspora ouest-africaine qui investit dans des projets manufacturiers au Nigeria, ces obstacles pèsent directement sur la rentabilité des capitaux engagés.
La question dépasse le seul cadre industriel. Sans un secteur manufacturier compétitif, le Nigeria restera dépendant des importations et vulnérable aux chocs de change. Le Naira a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar depuis juin 2023, renchérissant mécaniquement les intrants importés. Le NESG plaide pour une politique industrielle coordonnée entre l'État, les banques et le secteur privé. Sans réponse rapide, l'atelier du Nigeria risque de tourner au ralenti encore longtemps.
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