Le Kenya soutient la raffinerie Dangote de Lamu et son introduction en bourse
Des parlementaires kényans appuient le projet de raffinerie Dangote à Lamu et promettent de soutenir l'introduction en bourse du groupe, une décision qui pourrait redessiner l'approvisionnement pétrolier en Afrique de l'Est.

Des responsables parlementaires kényans ont apporté leur soutien au projet de raffinerie et pétrochimie Dangote East Africa à Lamu, ont rapporté lundi les équipes du groupe nigérian. Ils ont aussi promis de soutenir l'entrée en bourse de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals. Le projet prévoit une capacité de raffinage qui pourrait atteindre 200 000 barils par jour, selon les informations disponibles. Lamu, petit port de l'océan Indien, deviendrait ainsi un pôle énergétique régional, capable d'approvisionner le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie et peut-être l'Éthiopie.
Le soutien des parlementaires kényans n'est pas anodin. Le Kenya importe la quasi-totalité de ses produits pétroliers raffinés, une facture qui pèse lourd sur sa balance commerciale. En 2023, le pays a dépensé plus de 3 milliards de dollars en importations de carburants, selon les données officielles. Une raffinerie locale réduirait cette dépendance et les coûts de transport. Mais le chemin reste long : le projet doit encore obtenir les autorisations environnementales et réglementaires, et les financements ne sont pas finalisés. Les promesses politiques ne suffisent pas à faire sortir de terre une raffinerie.
Pour le groupe Dangote, l'enjeu est double. La raffinerie de Lamu s'ajoute à celle de Lekki, au Nigeria, entrée en service en 2023 avec une capacité de 650 000 barils par jour. L'introduction en bourse de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals, annoncée pour 2025, doit lever des fonds pour financer ces expansions. Les marchés suivent de près cette opération, qui pourrait devenir l'une des plus importantes introductions en bourse d'Afrique. Les investisseurs kényans, eux, y voient une occasion de participer à un projet énergétique structurant pour la région.
Reste à savoir si les promesses se traduiront en actes. Le Kenya a déjà connu des projets d'infrastructures retardés ou abandonnés, comme la raffinerie de Mombasa, dont la modernisation traîne depuis des années. La différence, cette fois, c'est la présence d'un acteur privé de la taille de Dangote, avec un bilan concret dans le raffinage. Si Lamu se concrétise, l'Afrique de l'Est pourrait réduire sa dépendance aux importations de produits finis et peser davantage dans les négociations sur les prix. Mais les parlementaires kényans devront transformer leurs déclarations en votes budgétaires et en mesures d'accompagnement. Le soutien politique est une chose, les décisions fiscales et douanières en sont une autre.
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