Cardoso : la crise budgétaire a poussé le Nigeria à diversifier ses recettes
Olayemi Cardoso, gouverneur de la banque centrale, affirme que la crise budgétaire a contraint le Nigeria à chercher des recettes hors pétrole. Le pays reste dépendant des hydrocarbures.

Le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Olayemi Cardoso, a reconnu que la crise budgétaire traversée par le pays a eu au moins un effet positif : elle a poussé Abuja à sortir de sa dépendance au pétrole. « Quand vous traversez une crise, elle vous force à être créatif », a-t-il déclaré lors d'une prise de parole publique cette semaine. Une formule qui résume la situation d'un État fédéral dont plus de 90 % des recettes en devises provenaient encore des hydrocarbures il y a peu.
Les chiffres donnent raison à cette lecture. La production pétrolière nigériane tourne autour de 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions visés par le budget 2024. Le vol de brut dans le delta du Niger et le sous-investissement chronique ont cassé la machine. Résultat : l'État fédéral a dû emprunter massivement pour financer ses dépenses courantes, et le service de la dette absorbe désormais une part record des recettes. La pression sur le Naira s'est aggravée en parallèle, forçant la CBN à multiplier les mesures pour stabiliser le change.
Cardoso place ses espoirs dans l'élargissement de l'assiette fiscale. Le Nigeria affiche l'un des taux de prélèvement les plus faibles du continent, autour de 10 % du PIB, contre 25 % en Afrique du Sud. L'idée : taxer mieux les secteurs non pétroliers — télécoms, banques, commerce — pour réduire la volatilité des recettes liée aux cours du brut. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira plus stable rend les envois d'argent moins imprévisibles.
Reste que la diversification prendra des années. Le pétrole représente encore l'essentiel des exportations, et les infrastructures de raffinage locales, bien qu'en progrès avec Dangote, ne suffisent pas à transformer l'économie. La créativité budgétaire dont parle Cardoso devra se traduire par des recettes concrètes, sinon la crise continuera de dicter sa loi.
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