Le G24 réclame des prêts FMI et Banque mondiale moins chers face à une dette qui s'envole
Les pays en développement paient environ 500 milliards de dollars de plus que les économies avancées pour le service de leur dette. Le G24 presse le FMI et la Banque mondiale de baisser le coût de leurs financements.

Le G24 monte au créneau. Ce groupe qui rassemble les grandes économies en développement — Inde, Brésil, Afrique du Sud, Nigeria, Égypte et une vingtaine d'autres — demande au FMI et à la Banque mondiale de revoir à la baisse le prix de leurs prêts. Le constat est simple : les pays pauvres et émergents paient environ 500 milliards de dollars de plus que les économies avancées pour financer leur dette. Une somme qui dépasse le PIB annuel de pays comme le Nigeria ou l'Afrique du Sud. Taiwo Oyedele, qui préside le comité fiscal du Nigeria, a porté le message : ce différentiel n'a plus rien à voir avec le risque réel, il tient surtout à la façon dont les marchés notent les emprunteurs du Sud.
Le problème ne date pas d'hier, mais l'envolée des taux mondiaux l'a rendu insoutenable. Quand la Réserve fédérale américaine a relevé ses taux à partir de 2022, le coût de la dette a bondi partout. Sauf qu'un État comme l'Allemagne emprunte encore à 2 ou 3 %, quand le Nigeria paie 18 % sur ses obligations en nairas et autour de 8 à 10 % en devises étrangères. L'écart n'est pas seulement une question de risque : les agences de notation, dominées par trois acteurs occidentaux, appliquent des grilles qui pénalisent systématiquement les pays du Sud. Le G24 réclame donc des taux concessionnels plus larges et des délais de remboursement allongés.
Pour les finances publiques africaines, l'enjeu est direct. Le Nigeria consacre une part énorme de ses recettes au service de la dette — plus que ce qu'il dépense pour la santé ou l'éducation. Chaque point de taux en moins libère des marges de manœuvre. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : quand un État doit se refinancer cher, il taxe davantage les opérations de change et de transfert pour rentrer des devises. À l'inverse, un allègement de la charge de la dette réduit la pression sur les réserves et sur le naira.
Le FMI et la Banque mondiale n'ont pas encore répondu publiquement aux demandes du G24. Mais le sujet s'installe dans les discussions du G20 et des assemblées annuelles de Bretton Woods. La Chine, de son côté, prête déjà à des taux plus bas via ses banques de développement, ce qui rebat les cartes. Si les institutions de Washington ne bougent pas, les pays du Sud iront chercher ailleurs — et le FMI perdra l'influence qu'il tire de ses prêts. Le débat n'est plus technique, il est politique.
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