Le fonds de cabotage nigérian serait libellé en nairas, pas en dollars
Un ancien dirigeant de la NIMASA affirme que le Cabotage Vessel Financing Fund est détenu en monnaie locale, alors que des armateurs réclament depuis des années un accès à ce dispositif censé soutenir la flotte nationale.

L'ancien directeur de l'Agence nigériane pour la sécurité et l'administration maritime (NIMASA) a tranché un débat qui traîne depuis des années : le Fonds de financement des navires de cabotage (CVFF) est logé en nairas, pas en dollars. L'information, rapportée par la presse nigériane, met fin à une ambiguïté entretenue par les acteurs du secteur, qui soupçonnaient une conversion en devises étrangères. Pour les armateurs locaux, cette clarification change la nature du soutien attendu : un fonds en monnaie locale ne les protège pas de la volatilité du naira face au dollar, alors que l'achat de navires se fait souvent en devises.
Le CVFF a été créé pour financer l'acquisition de bateaux par des opérateurs nigérians et réduire la dépendance du pays aux transporteurs étrangers. Mais depuis sa création, le fonds n'a jamais été réellement décaissé. Les armateurs réclament son accès, et la lenteur administrative a nourri les soupçons. La déclaration de l'ancien cadre de la NIMASA ne règle pas la question du déblocage. Elle précise seulement que les montants disponibles sont en nairas, ce qui limite mécaniquement la capacité d'achat à l'international.
Pour les opérateurs de transfert et les acteurs du change, cette précision a une conséquence directe : si le fonds reste en monnaie locale, il ne peut pas servir à payer des chantiers navals étrangers sans passer par le marché des changes. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, mais la question de fond reste politique : l'État nigérian veut-il réellement financer sa flotte nationale ou maintenir un dispositif d'affichage ?
La révélation intervient dans un contexte où le naira a perdu plus de 60 % de sa valeur face au dollar depuis juin 2023. Un fonds en nairas perd donc de sa substance à chaque nouvelle dépréciation. Les armateurs qui comptaient sur le CVFF pour renouveler leurs navires voient leur pouvoir d'achat fondre. Sans indexation ni conversion en devises, le dispositif risque de rester un outil théorique, loin des besoins d'une industrie maritime qui pèse pourtant lourd dans le commerce extérieur du Nigeria.
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