Le FMI appelle les banques centrales africaines à cesser les prévisions trop précises
Le Fonds monétaire international demande aux banques centrales d'Afrique subsaharienne d'arrêter d'afficher des prévisions économiques d'une précision trompeuse, alors que l'incertitude mondiale s'accroît.

Le Fonds monétaire international a adressé un message sans détour aux banques centrales d'Afrique subsaharienne : cessez de présenter des prévisions économiques avec une précision que les données ne permettent pas de justifier. L'institution basée à Washington pointe une pratique courante chez plusieurs instituts d'émission de la région, qui publient des taux de croissance ou d'inflation à la décimale près, alors que les économies qu'ils pilotent restent exposées à des chocs violents : cours du pétrole, flux de capitaux, aléas climatiques. Cette fausse assurance peut induire en erreur les marchés, les entreprises et les citoyens.
Le problème n'est pas théorique. Lorsqu'une banque centrale annonce une inflation à 7,3 % pour l'année suivante et que le chiffre final atteint 12 %, la crédibilité de l'institution prend un coup. Les opérateurs économiques perdent confiance dans les signaux monétaires, et les décisions d'investissement ou d'épargne s'en trouvent biaisées. Le FMI recommande donc de communiquer sous forme de fourchettes, de scénarios, en expliquant clairement les hypothèses retenues et les risques identifiés. Une approche plus honnête, mais qui bouscule les habitudes de communication très formatée de nombreuses banques centrales africaines.
Cette mise en garde intervient dans un contexte où les monnaies de la région subissent des pressions fortes. Le naira nigérian, le cedi ghanéen ou le shilling kényan ont tous connu des épisodes de dépréciation marquée ces dernières années, rendant les prévisions encore plus délicates. Pour les opérateurs de change et les plateformes de transfert, comme SendXOF, qui ajustent leurs taux en temps réel, cette volatilité est un paramètre quotidien. Une prévision trop rigide de la banque centrale ne change pas la réalité du marché, mais elle peut créer un décalage dangereux entre le discours officiel et les taux effectivement pratiqués.
Le FMI ne demande pas aux banques centrales de renoncer à toute prévision, mais de reconnaître l'incertitude comme une donnée à part entière. Dans des économies où l'informel pèse lourd, où les statistiques arrivent avec retard et où les chocs extérieurs se succèdent, l'humilité méthodologique devient une force. Les instituts qui l'assument préservent leur crédibilité sur le long terme. Ceux qui s'accrochent à une précision de façade risquent de payer le prix fort lors du prochain écart entre l'annonce et la réalité.
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