Le déficit commercial agricole du Nigeria atteint 400,78 milliards de nairas au deuxième trimestre
Le Nigeria a enregistré un déficit commercial agricole de 400,78 milliards de nairas au deuxième trimestre, les importations de produits alimentaires dépassant largement les exportations agricoles.

Le Nigeria a creusé son déficit commercial agricole au deuxième trimestre. Selon les dernières données du Bureau national de la statistique, le pays a importé pour 400,78 milliards de nairas de produits agricoles de plus qu'il n'en a exporté. Un écart qui se creuse trimestre après trimestre, alors que les exportations de cacao, de sésame ou de noix de cajou peinent à suivre le rythme des achats de riz, de blé ou d'huile de palme à l'étranger. En cause : une production locale insuffisante et des coûts logistiques qui pénalisent les producteurs nigérians sur les marchés internationaux.
Les chiffres racontent une réalité que les agriculteurs connaissent bien. Le Nigeria importe massivement des denrées de base qu'il pourrait produire, faute d'investissements suffisants dans les infrastructures rurales et les chaînes de valeur. Le blé, par exemple, arrive principalement de Russie et du Canada, tandis que le riz continue d'affluer depuis la Thaïlande et l'Inde malgré les restrictions douanières. Résultat : la facture alimentaire grimpe, et les devises étrangères sortent du pays au moment où le Naira reste sous pression. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque dollar ou euro envoyé au pays achète moins de nairas qu'il y a un an.
Le secteur agricole nigérian reste pourtant le premier employeur du pays. Mais les rendements stagnent. Les petits exploitants, qui fournissent l'essentiel de la production, manquent de semences améliorées, d'engrais et de routes praticables pour acheminer leurs récoltes. Les grands projets de transformation, comme les zones franches agricoles promises par le gouvernement, tardent à produire des effets visibles. En parallèle, l'insécurité dans le nord-est et le centre du pays continue de chasser des milliers d'agriculteurs de leurs terres, réduisant les surfaces cultivées.
Ce déficit commercial agricole n'est pas une fatalité. Le Nigeria dispose de terres arables et d'un marché intérieur de plus de 200 millions de consommateurs. Mais sans politiques cohérentes sur le stockage, l'irrigation et l'accès au crédit pour les petits producteurs, l'écart entre importations et exportations devrait rester large. Les autorités monétaires surveillent de près cette dépendance alimentaire, car elle pèse directement sur les réserves de change et sur la stabilité du Naira.
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