Le brut Brent franchit 111 dollars, l'AIE redoute une crise énergétique jusqu'en 2027
Le baril de Brent a dépassé les 111 dollars après l'avertissement de l'Agence internationale de l'énergie : le marché mondial pourrait ne pas se normaliser avant 2027, prolongeant la pression sur les économies importatrices.

Le Brent a passé la barre des 111 dollars le baril cette semaine, un niveau plus vu depuis des mois. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a douché les espoirs d'un retour rapide à la normale : selon elle, le marché mondial pourrait rester sous tension jusqu'en 2027. En cause, des capacités de production limitées, des stocks stratégiques au plus bas et une demande qui ne faiblit pas, portée par les pays asiatiques. Les traders intègrent désormais un scénario de cherté durable, et les contrats à terme pour livraison fin 2025 se négocient déjà avec une prime de risque élevée.
Pour les pays importateurs de pétrole, la facture s'annonce lourde. Le Nigeria, premier producteur africain, profite mécaniquement de la hausse de ses recettes en devises, mais reste vulnérable : le pays importe la quasi-totalité de son carburant raffiné, et chaque dollar supplémentaire sur le brut se répercute sur le prix à la pompe. Le Naira, déjà fragilisé, pourrait subir une pression accrue si les subventions énergétiques devaient être revues à la hausse. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les marges de change se resserrent quand la volatilité augmente.
Les opérateurs logistiques et les compagnies aériennes ajustent déjà leurs tarifs. À Lagos, les transporteurs routiers annoncent des hausses de 10 à 15 % sur les liaisons interurbaines, répercutant le prix du gazole. Les industriels, eux, revoient leurs budgets énergétiques à la hausse et certains envisagent de décaler des investissements. L'AIE appelle les gouvernements à accélérer la transition vers les renouvelables, mais sur le court terme, peu de leviers existent pour faire baisser les prix.
La question centrale n'est plus de savoir si le brut redescendra, mais à quel niveau il se stabilisera. Les analystes de Goldman Sachs évoquent une fourchette de 100 à 120 dollars pour le second semestre 2025. Une perspective qui pèsera sur l'inflation importée en zone CFA, où les produits pétroliers représentent une part significative du panier des ménages. Les banques centrales de la région surveillent de près l'évolution des prix à la consommation, même si le franc CFA, arrimé à l'euro, amortit une partie du choc. La prudence reste de mise.
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