Le Brent grimpe à 107 dollars, la pression monte sur l'économie nigériane
Le baril de Brent a bondi à environ 107 dollars jeudi, porté par l'escalade entre Washington et Téhéran et des perturbations persistantes de l'offre. Le Nigeria, à la fois producteur et gros importateur de carburant, encaisse de plein fouet.

Le baril de Brent a touché environ 107 dollars jeudi, un plus haut qui tranche avec les niveaux de la semaine passée. La cause tient en deux mots : la guerre entre les États-Unis et l'Iran, qui s'intensifie, et des flux de brut toujours perturbés. Les traders ne parient plus sur un retour rapide au calme. Chaque nouvelle frappe, chaque menace sur le détroit d'Ormuz ajoute quelques dollars à la prime de risque. Le marché pétrolier fonctionne à l'anticipation, et en ce moment il anticipe le pire.
Pour le Nigeria, l'équation est ambivalente. Le pays vend du brut et encaisse des dollars quand les cours montent : les recettes fédérales en devises devraient gonfler si le baril se maintient au-dessus de 100 dollars. Mais Abuja importe aussi la quasi-totalité de son essence raffinée, et chaque hausse du brut se répercute sur le prix à la pompe. La NNPC a déjà averti que les subventions implicites deviennent intenables. Résultat : le gouvernement navigue entre deux eaux, profitant de la rente d'un côté, tentant de contenir la facture sociale de l'autre.
Le Naira, lui, reste sous tension. Un baril cher apporte des devises, mais les importateurs de carburant réclament aussi plus de dollars, ce qui annule une partie du gain. Les réserves de change de la CBN, autour de 33 milliards de dollars, ne laissent pas beaucoup de marge. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, alors que le taux de change reste le premier poste de préoccupation pour ceux qui envoient de l'argent au pays.
La suite dépendra de deux choses : la durée du conflit et la capacité de l'OPEP+ à ouvrir les vannes. Si Téhéran riposte sur les infrastructures pétrolières du Golfe, les 107 dollars paraîtront vite modestes. À l'inverse, un cessez-le-feu ferait retomber la prime de guerre en quelques séances. Pour l'instant, les opérateurs nigérians se couvrent, et les raffineurs locaux, Dangote en tête, ont une fenêtre pour démontrer leur utilité. Le pays a rarement eu autant intérêt à réduire sa dépendance aux carburants importés.
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