Le boom du paiement digital nigérian laisse de côté femmes rurales et commerçants transfrontaliers
Malgré la hausse des transactions électroniques au Nigeria, les femmes rurales et les commerçants des zones frontalières restent à l'écart de la finance numérique, faute d'infrastructures et de confiance.

Le Nigeria a enregistré une explosion des paiements numériques ces dernières années. Les transactions électroniques ont bondi, portées par la politique de retrait des espèces et l'adoption massive des transferts instantanés. Pourtant, dans les villages de l'État de Kano ou le long de la frontière avec le Niger, l'argent liquide reste roi. Les femmes rurales, souvent exclues des services bancaires, continuent de gérer leurs petites activités en espèces, sans accès à un smartphone ni à un point de retrait fiable. Pour elles, le virage digital n'a rien changé.
Les commerçants transfrontaliers, eux, jonglent avec plusieurs devises et des systèmes informels. À la frontière de Seme, près du Bénin, les échanges se font encore largement en nairas et en francs CFA, souvent sans passer par les canaux bancaires. La méfiance envers les plateformes numériques est forte, alimentée par des frais jugés opaques et des pannes fréquentes. Résultat : des millions de personnes restent en marge d'un système qui promet pourtant rapidité et sécurité. Pour la diaspora ouest-africaine, cette fracture complique aussi l'envoi de fonds vers les zones rurales, où les bénéficiaires n'ont parfois aucun moyen de recevoir de l'argent digital.
Le gouvernement nigérian a lancé plusieurs programmes pour inclure les populations non bancarisées, mais les résultats restent timides. Les agents bancaires mobiles sont rares dans les villages, et l'alphabétisation numérique demeure un obstacle. Les femmes rurales, en particulier, manquent souvent de pièces d'identité pour ouvrir un compte. Sans une action ciblée, le fossé risque de se creuser à mesure que les villes accélèrent leur transition vers le tout-numérique. Des plateformes comme SendXOF suivent ces évolutions pour adapter leurs services aux réalités des transferts entre le Nigeria et la zone CFA.
La croissance des paiements digitaux au Nigeria ne profitera à tous que si les infrastructures suivent. Les opérateurs doivent déployer des solutions simples, accessibles même sans smartphone, et les autorités faciliter l'enregistrement des utilisateurs. En l'état, le boom numérique laisse derrière lui ceux qui en ont le plus besoin : les femmes des zones rurales et les commerçants qui font vivre les échanges transfrontaliers.
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