Lagos vise le cap du billion de dollars grâce au secteur privé
La commissaire au Commerce de Lagos, Folashade Ambrose-Medebem, appelle à un partenariat renforcé entre l'État et les entreprises pour transformer la mégapole en économie de 1 000 milliards de dollars.

Lagos veut changer d'échelle. La commissaire au Commerce, aux Coopératives, au Commerce et à l'Investissement de l'État, Folashade Kaosarat Bada Ambrose-Medebem, a lancé un appel clair au secteur privé : sans lui, pas de décollage. Elle estime que la mégapole nigériane peut devenir une économie de 1 000 milliards de dollars, à condition que les entreprises s'impliquent davantage dans les projets structurants. Lagos pèse déjà environ 30 % du PIB nigérian, mais son produit intérieur brut reste loin du seuil du billion de dollars. Atteindre ce cap suppose des investissements massifs dans les infrastructures, l'énergie et la logistique.
Le discours n'est pas nouveau, mais il prend un relief particulier dans le contexte actuel. Le Naira a perdu plus de 40 % de sa valeur depuis juin 2023, et les entreprises opérant à Lagos subissent de plein fouet la hausse des coûts d'importation. Pour la commissaire, la solution passe par une collaboration plus étroite : contrats de concession, partenariats public-privé, allègements fiscaux ciblés. Elle plaide pour que l'État ne se contente plus de réguler, mais devienne un facilitateur. Les secteurs de la technologie, de l'agro-industrie et de la logistique sont cités comme prioritaires.
Lagos reste la porte d'entrée de l'Afrique de l'Ouest, avec son port d'Apapa et son aéroport international. Mais les embouteillages chroniques et le déficit énergétique freinent la productivité. La commissaire reconnaît que sans électricité stable, aucun tissu industriel ne peut tenir. Elle évoque des discussions avancées avec des opérateurs privés pour des centrales indépendantes. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent de près ces évolutions, car la fluidité des changes et la stabilité macroéconomique conditionnent directement le coût des transferts vers la sous-région.
Le pari est ambitieux. Pour passer de 250 à 1 000 milliards de dollars de PIB, Lagos devrait maintenir une croissance à deux chiffres pendant une décennie. Aucune mégapole africaine n'a encore réussi cet exploit. Mais la commissaire mise sur un effet d'entraînement : chaque investissement privé dans les infrastructures réduit les coûts logistiques pour des milliers de PME. Le vrai test sera la capacité de l'État à tenir ses promesses de simplification administrative. Les opérateurs attendent des actes, pas des annonces.
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