Lagos vise 1 000 milliards de dollars de PIB d'ici 2052, Julius Berger en première ligne
Le groupe de BTP Julius Berger et le gouvernement de Lagos ont affiché leur alliance pour porter l'économie de l'État à 1 000 milliards de dollars d'ici 2052, lors d'une soirée de gala à l'Alliance Française.

Lagos veut peser 1 000 milliards de dollars de produit intérieur brut d'ici 2052. L'objectif a été répété mercredi soir à l'Alliance Française de Lagos, à l'occasion de la Julius Berger Luminary Soirée. Le géant nigérian des travaux publics et le gouvernement de l'État ont présenté une même feuille de route : infrastructures, investissements privés et partenariats public-privé. La ville, qui compte plus de 20 millions d'habitants, reste la deuxième économie urbaine d'Afrique derrière Le Caire. Pour ses promoteurs, elle doit multiplier par dix son PIB actuel en moins de trente ans.
Le discours n'est pas nouveau. Lagos traîne des besoins criants en routes, drainage, énergie et logement. Chaque saison des pluies rappelle l'urgence : inondations, embouteillages monstres, quartiers privés d'électricité. Julius Berger, présent dans le pays depuis 1965, construit une partie de ces chantiers — ponts, voies express, installations portuaires. Le groupe allemand, coté à la Bourse de Lagos, y voit un carnet de commandes à long terme. L'État, lui, y voit un moyen de financer sans tout sortir de ses caisses. Le modèle du partenariat public-privé s'installe comme la norme sur les gros projets.
Reste la question du financement. Un trillion de dollars ne se décrète pas. Lagos dépend encore largement des recettes pétrolières redistribuées par Abuja, et sa collecte fiscale interne progresse lentement. Les taux d'intérêt nigérians, autour de 27 %, renchérissent chaque emprunt. Les investisseurs étrangers, eux, regardent autant la stabilité du naira que la solidité des contrats. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, alors que les flux vers le Nigeria restent parmi les plus élevés du continent.
Le pari de Lagos n'est pas isolé. Le Caire, Nairobi, Johannesburg affichent des ambitions comparables. Ce qui distingue la capitale économique nigériane, c'est sa démographie et son poids commercial : premier port d'Afrique de l'Ouest, première place bancaire du pays, hub technologique en pleine croissance. Mais sans électricité fiable ni transport public digne de ce nom, la trajectoire vers 2052 restera un slogan de gala. Les prochaines années diront si les contrats signés se transforment en béton, en routes et en usines.
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