Lagos pèse 45 % des recettes internes des États nigérians
Les États nigérians ont généré 4 150 milliards de nairas de recettes internes en 2023, mais Lagos en fournit à elle seule 45 %, révélant une dépendance excessive et une fragilité fiscale chronique.

Les chiffres publiés par le Bureau national des statistiques donnent le vertige : sur les 4 150 milliards de nairas de recettes internes collectés par les 36 États nigérians en 2023, Lagos en a apporté près de la moitié. La mégalopole économique, qui abrite le port le plus actif du golfe de Guinée et l'essentiel des sièges sociaux des grandes entreprises, a généré environ 1 900 milliards de nairas. Derrière elle, les autres États se partagent le reste, avec des écarts vertigineux : Rivers, pourtant riche en pétrole, plafonne à 300 milliards, tandis que des États comme Yobe ou Zamfara peinent à dépasser les 20 milliards.
Cette concentration des ressources traduit une réalité économique brutale : le Nigeria dépend de Lagos pour financer son fédéralisme. La capitale économique profite d'une assiette fiscale large — impôts sur les sociétés, TVA locale, taxes foncières — et d'une administration performante. Mais ailleurs, l'informel domine, les registres fonciers sont obsolètes et les agents fiscaux manquent de moyens. Résultat : les États du Nord, qui concentrent les besoins en infrastructures et en éducation, restent dépendants des allocations fédérales issues de la vente de pétrole, dont les revenus sont volatils.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette disparité a des conséquences concrètes sur le coût de la vie et les opportunités économiques dans chaque région. Elle explique aussi pourquoi les transferts d'argent vers les États du Nord, souvent plus pauvres, représentent un enjeu vital. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces réalités en offrant des taux compétitifs vers les zones où la demande de devises est forte.
Au-delà du déséquilibre, ces données posent la question de la viabilité du modèle fiscal nigérian. Tant que les États ne diversifieront pas leurs sources de revenus, la fédération restera fragile. Les réformes annoncées par la commission de coordination fiscale, qui visent à harmoniser les impôts et à élargir l'assiette, n'ont pas encore produit d'effets mesurables. En attendant, Lagos continue de tirer le pays vers le haut, mais ce déséquilibre est un signal d'alarme pour les investisseurs et les partenaires au développement.
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