Lagos : le maïs, l'ogbono et le garri flambent en octobre
Les prix des denrées de base repartent à la hausse dans les marchés de Lagos en octobre, malgré le repli de l'inflation alimentaire nationale. Le maïs, l'ogbono et le garri enregistrent les plus fortes progressions.

Sur les étals de Lagos, octobre a viré au rouge pour les acheteurs. Le maïs, l'ogbono et le garri ont enregistré des hausses brutales dans les principaux marchés de la mégapole, selon les relevés publiés par Nairametrics. Le phénomène surprend : au niveau national, l'inflation alimentaire a reculé d'un mois sur l'autre. Mais à Lagos, la réalité des marchés raconte une autre histoire, plus rugueuse pour les ménages. Les commerçants d'Oshodi et de Mile 12 le disent sans détour : les sacs de maïs arrivent plus cher et les stocks tournent moins vite. Le garri, aliment de base des familles modestes, a suivi la même pente. Les prix ne redescendent pas une fois la hausse enclenchée, et les acheteurs adaptent leurs quantités à la baisse.
Cette divergence entre l'indice national et les prix observés à Lagos n'est pas une anomalie statistique. Elle traduit la fragmentation des marchés nigérians, où les coûts de transport, la saisonnalité et les goulets d'étranglement logistiques pèsent davantage que les moyennes nationales. Octobre marque aussi la fin de la saison des récoltes dans plusieurs zones de production du Middle Belt, ce qui réduit l'offre disponible sur les marchés urbains. Les commerçants qui stockaient du maïs depuis septembre écoulent désormais leurs réserves à des prix plus élevés, anticipant une demande soutenue jusqu'aux fêtes de fin d'année.
Pour les consommateurs de Lagos, l'impact est immédiat sur le budget quotidien. Le garri, vendu à la mesure dans les marchés de quartier, voit son prix grimper alors que les salaires stagnent. Les vendeuses de nourriture de rue, qui dépendent du maïs et de l'ogbono pour préparer les plats traditionnels, répercutent déjà la hausse sur leurs portions. Une pression qui s'ajoute à celle du carburant et de l'électricité, sans qu'aucun mécanisme de stabilisation des prix ne soit activé pour l'instant.
La question qui se pose désormais est celle de la durée. Si la hausse se limite à octobre, les ménages absorberont le choc. Mais si elle se prolonge en novembre et décembre, comme le redoutent certains traders de Mile 12, elle pourrait peser sur la consommation et alimenter un mécontentement social latent. Le gouvernement fédéral, qui communique sur le repli de l'inflation alimentaire, devra compter avec cette réalité de terrain : à Lagos, les chiffres nationaux ne remplissent pas les assiettes.
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