Lagos : la taxe de 30 % sur la construction qui renchérit le logement
À Lagos, les promoteurs immobiliers doivent s'acquitter d'une taxe équivalant à 30 % du coût de construction pour obtenir un permis de bâtir. Cette charge, qui s'ajoute aux autres frais, freine l'offre de logements et pèse sur les prix dans une mégapole où la demande explose.

Obtenir un permis de construire à Lagos coûte de plus en plus cher. Les promoteurs doivent verser une taxe équivalant à 30 % du coût total de construction avant même de poser la première pierre. Pour un immeuble de dix millions de nairas, cela représente trois millions supplémentaires à débourser dès le départ. Une charge qui s'ajoute aux frais d'enregistrement, aux études de sol et aux multiples autorisations exigées par les différentes agences de l'État.
Cette taxe, officiellement destinée à financer les infrastructures, a un effet direct sur le prix final des logements. Les promoteurs la répercutent sur les acheteurs ou les locataires, conscients que la demande dépasse largement l'offre dans une ville qui accueille des milliers de nouveaux habitants chaque mois. Résultat : les logements neufs deviennent inaccessibles pour une grande partie de la classe moyenne, qui se rabat sur des quartiers périphériques mal desservis ou sur des constructions informelles.
Le gouvernement de Lagos justifie cette taxe par la nécessité de moderniser des infrastructures vieillissantes. Mais les professionnels du secteur dénoncent un frein à l'investissement privé, alors que le Nigeria affiche un déficit de logements estimé à plus de 20 millions d'unités. Pour les promoteurs, chaque mois de retard dans l'obtention du permis augmente leurs coûts de financement, déjà lourdement pénalisés par des taux d'intérêt élevés. Certains choisissent de contourner le système, ce qui alimente un marché parallèle de la construction sans permis, avec les risques que cela comporte.
Cette situation n'est pas sans conséquence pour les ménages qui dépendent de l'épargne de la diaspora pour se loger. Les transferts de fonds, qui représentent une part importante des apports immobiliers, voient leur pouvoir d'achat diminuer face à la hausse des coûts. Les plateformes numériques comme SendXOF, qui facilitent les envois de fonds depuis l'étranger, affichent des taux de change en temps réel pour aider les familles à planifier leurs projets. Mais tant que la fiscalité locale continuera d'alourdir la construction, le logement restera un luxe à Lagos.
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