La liquidité bancaire se resserre de 47 % malgré l'injection de 3 560 milliards de nairas
La banque centrale du Nigeria injecte 3 560 milliards de nairas dans le système financier cette semaine, mais les tensions de liquidité persistent avec un resserrement de 47 % lié aux appels d'offres en titres.

Le système financier nigérian s'apprête à absorber 3 560 milliards de nairas de liquidité cette semaine. L'argent arrive par les remboursements de titres arrivés à échéance, notamment des bons du Trésor et des obligations de la banque centrale. En apparence, c'est une bouffée d'oxygène pour les banques. Mais dans le même temps, la Banque centrale du Nigeria (CBN) organise un appel d'offres en titres qui devrait retirer une grande partie de ces fonds. Résultat : la liquidité disponible pour les prêts interbancaires se resserre de 47 % par rapport à la semaine précédente.
Le mécanisme est simple. La CBN émet des titres pour absorber les nairas en circulation et lutter contre l'inflation. Les banques souscrivent, immobilisent leurs liquidités, et le marché monétaire se tend. Cette semaine, l'appel d'offres porte sur un montant record, ce qui explique l'ampleur du resserrement. Les taux interbancaires grimpent en conséquence. Pour les banques, emprunter à court terme coûte plus cher. Elles répercutent ce coût sur les crédits aux entreprises et aux particuliers. Les petites banques, moins capitalisées, sont les premières à souffrir de cette tension.
Ce phénomène n'est pas isolé. Depuis plusieurs mois, la CBN alterne injections et ponctions pour contrôler la masse monétaire. L'objectif affiché est de contenir l'inflation, qui reste élevée. Mais le resserrement de la liquidité a un effet secondaire : il renchérit le coût du crédit pour l'économie réelle. Les PME qui ont besoin de fonds de roulement se retrouvent à payer des taux plus élevés. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les marges des opérateurs s'ajustent à ces tensions monétaires.
La semaine prochaine, une nouvelle échéance de titres pourrait détendre le marché. Mais tant que la CBN maintiendra une politique monétaire restrictive, la liquidité restera sous pression. Les analystes s'attendent à ce que les taux interbancaires restent volatils. Pour les entreprises, l'enjeu est de savoir anticiper ces mouvements pour ne pas subir de plein fouet la hausse des coûts de financement. La banque centrale, elle, marche sur une ligne de crête : trop resserrer étouffe la croissance, pas assez laisse filer l'inflation.
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