La CBN absorbe 95 700 milliards de nairas en dix mois via ses opérations de marché
La banque centrale du Nigeria a retiré 95 700 milliards de nairas de la circulation entre janvier et octobre 2026 grâce à des taux attractifs sur ses titres OMO, soit près de trois fois le montant de la même période en 2025.

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a aspiré 95 700 milliards de nairas (environ 63 milliards de dollars) de l'économie en dix mois, de janvier à octobre 2026, via ses opérations d'open market (OMO). C'est ce que rapporte le quotidien nigérian ThisDay, qui cite les données de l'institution. Le chiffre dépasse de loin les 32 400 milliards de nairas mobilisés sur la même période l'an dernier, soit une hausse de près de 195 %. La CBN a attiré les banques commerciales et les investisseurs institutionnels avec des taux de rémunération élevés sur ces titres à court terme.
Cette stratégie répond à un objectif clair : contenir l'inflation et stabiliser le naira. En retirant des liquidités du circuit bancaire, la CBN réduit la pression sur les prix et limite la spéculation sur la devise. Les taux offerts sur les OMO ont régulièrement dépassé 20 % en glissement annuel, rendant ces placements plus attractifs que les crédits à l'économie réelle. Résultat : les banques préfèrent prêter à l'État plutôt qu'aux PME, ce qui assèche le financement des entreprises. Pour la diaspora ouest-africaine, cette politique monétaire restrictive influence directement le coût des transferts et la parité FCFA-naira, car elle soutient artificiellement la valeur du naira sur le marché officiel.
Le volume record des OMO traduit aussi une confiance retrouvée des investisseurs dans les instruments de la CBN. Après des années de pénurie de devises et de volatilité extrême, les rendements offerts par la banque centrale attirent à nouveau les capitaux étrangers, notamment les fonds de pension et les hedge funds. Mais cette manne a un revers : elle creuse le déficit de liquidités dans le secteur privé. Les petites entreprises nigériennes, déjà fragilisées par l'inflation, peinent à obtenir des crédits à des taux abordables. La CBN doit arbitrer entre son mandat de stabilité monétaire et le soutien à la croissance.
Sur les dix premiers mois de 2026, la CBN a ainsi piloté une politique de resserrement monétaire sans précédent. Les 95 700 milliards de nairas absorbés représentent plus de 40 % du PIB nominal du Nigeria. Cette approche a permis de freiner la dépréciation du naira et de ramener l'inflation sous la barre des 25 % en glissement annuel, contre plus de 30 % un an plus tôt. Reste à savoir si cette stratégie pourra se maintenir sans étouffer l'activité économique. Les prochains mois diront si la CBN relâchera la pression ou si elle maintiendra le cap, au risque de voir les entreprises se financer ailleurs.
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