Le Royaume-Uni mise 3 milliards de dollars sur les marchés frontières africains
British International Investment prévoit d'investir 2,25 milliards de livres (3 milliards de dollars) sur cinq ans dans les économies africaines les moins développées, qui peinent à attirer les capitaux institutionnels.

British International Investment (BII), l'institution financière de développement du Royaume-Uni, a annoncé mardi son intention d'injecter environ 2,25 milliards de livres, soit 3 milliards de dollars, dans les marchés frontières africains et les pays les moins avancés d'ici 2029. La cible : des économies que les grands investisseurs institutionnels ignorent, faute de rendements immédiats ou de stabilité perçue. BII, anciennement CDC Group, veut combler ce vide en finançant des projets d'infrastructures, des PME et des institutions financières locales. L'Afrique de l'Ouest et le Sahel figurent parmi les zones prioritaires, selon l'institution, qui dit vouloir soutenir la création d'emplois et la croissance inclusive.
Concrètement, ces fonds devraient servir à des prises de participation, des prêts et des garanties. Le mandat de BII est de mobiliser des capitaux privés en prenant des risques que les banques commerciales refusent d'assumer. L'institution britannique cible notamment les secteurs de l'énergie, de l'agro-industrie et de la santé, où les besoins de financement restent criants. Elle promet aussi un accompagnement technique pour que les entreprises bénéficiaires respectent des standards environnementaux et sociaux stricts. Pour les opérateurs locaux, l'arrivée d'un investisseur de cette taille peut changer la donne sur le coût du crédit et la durée des financements disponibles.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette manne financière pourrait à terme faciliter les transferts et les investissements productifs dans les pays d'origine, en réduisant la dépendance aux circuits informels. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent ces évolutions de près, car elles conditionnent la confiance des utilisateurs et la liquidité des marchés locaux. Mais les effets concrets ne se feront pas sentir avant plusieurs trimestres. Les premiers décaissements devraient intervenir courant 2025, après validation des projets par les équipes de BII.
Reste à savoir si les 3 milliards de dollars suffiront à inverser la tendance. Les marchés frontières africains ont attiré moins de 5 % des flux mondiaux d'investissement direct étranger ces cinq dernières années, selon les données de la CNUCED. Le défi de BII n'est pas tant de trouver des projets que de convaincre d'autres investisseurs de suivre. L'institution britannique parie sur un effet d'entraînement : chaque dollar public investi doit attirer deux à trois dollars privés. Un pari ambitieux dans des économies où l'instabilité politique et les problèmes de change restent des freins majeurs.
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