La BEI injecte 108 millions d'euros dans les start-up d'Afrique subsaharienne
L'initiative Boost Africa de la Banque européenne d'investissement a mobilisé 108 millions d'euros pour des entreprises innovantes en phase d'amorçage en Afrique subsaharienne, selon un bilan publié ce lundi.

La Banque européenne d'investissement a décaissé 108 millions d'euros via son programme Boost Africa, destiné aux entreprises innovantes en phase d'amorçage en Afrique subsaharienne. Le bilan, publié lundi, couvre plusieurs années d'interventions. Les fonds ont été dirigés vers des start-up actives dans la fintech, la santé, l'agriculture et l'énergie. Objectif affiché : combler le déficit de financement des jeunes pousses sur le continent, où les tickets d'amorçage restent rares. La BEI opère via des fonds de capital-risque locaux, qui sélectionnent ensuite les bénéficiaires. Une approche indirecte qui vise à renforcer l'écosystème entrepreneurial sur place.
Les montants engagés restent modestes à l'échelle du continent. Mais ils ciblent un maillon critique : l'amorçage, souvent délaissé par les banques classiques. Au Nigeria, au Kenya ou en Côte d'Ivoire, les start-up peinent à lever leurs premiers 500 000 dollars. Boost Africa intervient précisément sur ce segment, avec des tickets compris entre 250 000 et 5 millions d'euros. La BEI ne communique pas la répartition exacte par pays ni le nombre d'entreprises financées. Elle indique seulement que les premiers résultats sont conformes aux attentes, sans détailler les taux de survie des sociétés accompagnées.
Pour les porteurs de projets, l'enjeu dépasse le seul financement. Les fonds apportent aussi un accompagnement technique et un accès à des réseaux d'investisseurs internationaux. Dans des marchés où l'accès au dollar reste compliqué, cette dimension opérationnelle pèse souvent autant que le chèque. La BEI prévoit d'ailleurs de renouveler son engagement, sans préciser l'enveloppe future. D'autres bailleurs, comme la Banque africaine de développement ou Proparco, multiplient les initiatives similaires. La concurrence entre investisseurs pour dénicher les futures pépites du continent s'intensifie.
Reste à savoir si ces 108 millions d'euros suffiront à changer d'échelle. Le continent compte plus de 600 millions de jeunes de moins de 25 ans, et les besoins de financement des start-up se chiffrent en milliards. Boost Africa ne représente qu'une fraction de cette demande. Son mérite : montrer que des investisseurs européens acceptent de prendre des risques en phase d'amorçage, là où les fonds locaux hésitent encore. Le vrai test viendra dans cinq ans, quand il faudra mesurer combien de ces entreprises auront survécu et créé des emplois durables.
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