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La Banque mondiale mobilise 112 milliards de dollars pour combler 800 millions d'emplois manquants

Le groupe dirigé par Ajay Banga a fait passer ses capitaux privés de 35 à 112 milliards de dollars en trois ans, pour financer infrastructures, énergie et agriculture face à un déficit mondial d'emplois estimé à 800 millions.

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Rédaction SendXOF

Publié le 16 octobre 2026

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La Banque mondiale mobilise 112 milliards de dollars pour combler 800 millions d'emplois manquants

La Banque mondiale a fait passer ses capitaux privés mobilisés de 35 milliards de dollars en 2022 à 112 milliards aujourd'hui. Le chiffre, dévoilé par son président Ajay Banga, marque un triplement en trois ans. L'institution veut financer des routes, des centrales, des exploitations agricoles — tout ce qui crée des emplois. Car le déficit est vertigineux : 800 millions de postes manquent à l'échelle mondiale, concentrés dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Sans ces emplois, les jeunes diplômés de Lagos, Dakar ou Accra resteront sur le carreau, et les économies locales tourneront au ralenti.

La méthode change. La Banque mondiale ne prête plus seulement de l'argent public : elle sert de garantie pour attirer des fonds privés. Un fonds de pension canadien ou un assureur européen qui refusait de s'aventurer seul dans une centrale solaire au Sénégal peut désormais s'appuyer sur la signature de l'institution. Le risque diminue, les rendements deviennent acceptables. En trois ans, cette approche a convaincu des investisseurs qui boudaient les marchés frontières. L'Afrique de l'Ouest, avec sa démographie galopante, est en première ligne de cette stratégie.

Reste à savoir si 112 milliards suffisent. Les besoins annuels en infrastructures sur le seul continent africain dépassent les 100 milliards de dollars, selon la Banque africaine de développement. Et l'argent privé ne se déploie pas partout : les zones rurales, les projets à faible marge, les pays en conflit attirent moins. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les investissements productifs réduisent la dépendance aux envois d'argent pour la survie quotidienne.

Banga parie sur un effet de levier : chaque dollar public engagé doit entraîner trois à quatre dollars privés. Le ratio n'est pas encore atteint partout. Mais la trajectoire est claire. Les institutions financières internationales, longtemps critiquées pour leur lenteur, tentent de se muer en catalyseurs. Si elles y parviennent, les 800 millions d'emplois manquants ne seront plus une fatalité démographique, mais un chantier ouvert.

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