La Banque africaine de l'énergie entre en service à Abuja avec 5 milliards de dollars
Après deux ans de retard, l'Africa Energy Bank voit le jour à Abuja, portée par Afreximbank et l'APPO. Dotée de 5 milliards de dollars, elle vise à financer les projets énergétiques du continent.

La Banque africaine de l'énergie (AEB) a finalement démarré ses activités à Abuja, la capitale nigériane, après deux ans de retard. L'institution, créée par la Banque africaine d'import-export (Afreximbank) et l'Organisation des pays africains exportateurs de pétrole (APPO), dispose d'un capital de 5 milliards de dollars. Son objectif : combler le déficit de financement des projets énergétiques en Afrique, alors que les banques internationales se détournent des énergies fossiles. La première réunion générale s'est tenue ce week-end dans la capitale nigériane, marquant le lancement officiel de l'entité.
Le choix d'Abuja n'est pas anodin. Le Nigeria, premier producteur de pétrole du continent, accueille le siège de cette nouvelle banque, renforçant son rôle de hub énergétique régional. L'AEB veut offrir une alternative aux financements occidentaux, de plus en plus réticents à soutenir les projets pétroliers et gaziers africains. Elle cible aussi les énergies renouvelables, avec l'ambition d'accélérer la transition énergétique du continent. Pour les États membres, il s'agit de reprendre la main sur leurs ressources et de réduire leur dépendance aux capitaux étrangers.
Le retard de deux ans s'explique par des négociations complexes entre les pays membres et les institutions fondatrices. Les questions de gouvernance, de répartition des sièges et de contributions au capital ont retardé le processus. Aujourd'hui, la banque peut enfin opérer. Les premiers projets devraient être annoncés dans les prochains mois. Les autorités nigérianes espèrent que cette institution attirera d'autres investissements dans le secteur énergétique et créera des emplois locaux.
Reste à voir si l'AEB tiendra ses promesses. Les besoins de financement du continent sont énormes : selon la Banque africaine de développement, l'Afrique devra investir plus de 100 milliards de dollars par an pour répondre à ses besoins énergétiques. Avec 5 milliards de dollars, l'AEB ne pourra pas tout faire. Mais elle envoie un signal fort : les Africains veulent financer eux-mêmes leur développement énergétique.
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