Aradel demande une renégociation de l'earn-out après une charge de 529 milliards de nairas
Le producteur pétrolier nigérian Aradel Holdings veut revoir l'accord d'earn-out lié au rachat de SPDC par Renaissance, après une charge de 529,1 milliards de nairas qui a plombé ses résultats sur neuf mois.

Aradel Holdings a vu ses profits fondre au troisième trimestre. En cause : une charge de 529,1 milliards de nairas liée à l'earn-out conclu lors de l'acquisition de SPDC par Renaissance. Ce mécanisme de paiement différé, courant dans les fusions-acquisitions du secteur pétrolier, consiste à verser un complément de prix au vendeur si certains objectifs de performance sont atteints. Aradel, qui a absorbé une partie de ces engagements, conteste aujourd'hui les modalités de calcul et réclame une renégociation. La direction estime que les conditions économiques ont changé depuis la signature de l'accord, notamment avec la volatilité des cours du brut et la dépréciation du naira.
Sur les neuf premiers mois de l'année, cette charge a effacé une bonne partie des gains opérationnels du groupe. Aradel, coté à la Bourse de Lagos, a vu son titre reculer de près de 15 % depuis l'annonce des résultats. Les investisseurs s'inquiètent de la soutenabilité de ce paiement dans un contexte où les coûts de production augmentent et où l'accès aux devises reste tendu. La société a indiqué qu'elle poursuivait les discussions avec ses partenaires pour étaler ou réduire le montant. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, ce qui permet aux opérateurs de suivre l'impact des fluctuations du naira sur leurs engagements financiers.
Le dossier illustre les difficultés des entreprises nigérianes à boucler des acquisitions dans un environnement macroéconomique instable. Depuis la libéralisation du taux de change en juin 2023, le naira a perdu plus de 60 % de sa valeur face au dollar. Les contrats libellés en devises, comme celui qui lie Aradel à SPDC, deviennent mécaniquement plus lourds à honorer. Renaissance, le consortium qui a racheté SPDC, n'a pas commenté publiquement la demande d'Aradel. Mais selon deux sources proches du dossier, les discussions portent sur un rééchelonnement du paiement et une révision des critères de déclenchement de l'earn-out.
Aradel n'est pas le premier à contester ce type de clause. Plusieurs groupes pétroliers indépendants au Nigeria ont vu leurs résultats amputés par des earn-outs signés avant la dévaluation. La question dépasse le cas d'espèce : elle interroge la solidité juridique des accords financiers dans un pays où la monnaie a changé de régime. Pour Aradel, l'enjeu est double : préserver sa trésorerie et rassurer les marchés sur sa capacité à digérer ses acquisitions. La réponse des partenaires, attendue dans les prochaines semaines, donnera le ton pour d'autres transactions du même type.
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