Julius Berger : les chantiers compensent les pertes de l'anacarde
Le géant nigérian de la construction a vu ses activités de neuf mois soutenir ses résultats, tandis que sa branche anacarde continue d'enregistrer des pertes. Une diversification qui coûte cher.

Julius Berger Nigeria Plc a publié ses comptes pour les neuf premiers mois de l'année. Le constructeur nigérian, connu pour les grands chantiers routiers et d'infrastructures, affiche une activité soutenue. Ses revenus progressent, portés par la demande en travaux publics. Mais derrière cette solidité apparente, un point noir persiste : sa branche dédiée à la transformation de l'anacarde continue de plomber les résultats. L'entreprise a beau élargir sa base de revenus, l'aventure agricole ne décolle pas.
La diversification de Julius Berger dans l'agro-industrie remonte à quelques années. L'idée était de profiter de la demande locale et régionale pour les noix de cajou, un produit dont le Nigeria est l'un des premiers producteurs mondiaux. Sauf que la transformation reste coûteuse et la concurrence asiatique féroce. Les pertes s'accumulent, et le groupe doit composer avec cette activité qui peine à trouver son équilibre. Les chantiers, eux, tiennent la barre. Les contrats d'infrastructures, notamment dans le cadre des grands travaux fédéraux, assurent un flux de trésorerie régulier.
Cette situation illustre une réalité que connaissent beaucoup d'entreprises nigérianes : la diversification n'est pas un long fleuve tranquille. Julius Berger mise sur son savoir-faire historique pour financer ses nouveaux paris. Mais les investisseurs commencent à s'interroger sur la stratégie à long terme. Combien de temps le groupe peut-il porter une branche déficitaire sans que cela n'affecte sa rentabilité globale ? La question reste ouverte, d'autant que le contexte économique nigérian, marqué par l'inflation et la volatilité du naira, ne facilite pas les arbitrages.
Pour l'heure, Julius Berger garde le cap. Le management se veut confiant dans le potentiel de l'anacarde à moyen terme, évoquant des investissements dans les équipements et la formation. Mais les chiffres des neuf mois rappellent que la route est encore longue. Les chantiers financent l'aventure agricole, pas l'inverse. Une dépendance qui pourrait devenir un handicap si le carnet de commandes venait à se réduire.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Abia réduit sa dette de 98,6 milliards de nairas en trois ans
Le gouverneur Alex Otti annonce une baisse de l'encours de dette de l'État d'Abia, passé de 147,2 milliards de nairas à 48,6 milliards entre 2023 et 2026, soit une réduction de 98,6 milliards.

Le CIBN presse les banques nigériannes de prêter davantage aux PME
L'institut des banquiers du Nigeria exhorte les établissements à augmenter leurs crédits aux micro, petites et moyennes entreprises, tout en honorant 755 professionnels du secteur.

Le Nigeria courtise Bruxelles pour un million d'hectares de cacao
Le gouvernement nigérian présente à Bruxelles son programme d'expansion de un million d'hectares de cultures arboricoles, dont le cacao, pour attirer les investisseurs européens et doper une production encore loin des leaders mondiaux.