Julius Berger : l'unité anacarde et expansion régionale perd 25,8 milliards de nairas
Le segment diversification de Julius Berger a creusé sa perte opérationnelle à 25,77 milliards de nairas sur neuf mois, contre 6,49 milliards un an plus tôt, plombé par l'anacarde et les projets régionaux.

Julius Berger Nigeria Plc a beau être l'un des plus gros BTP du pays, sa branche diversification lui coûte cher. Sur les neuf mois clos au 30 septembre 2026, ce segment a enregistré une perte opérationnelle de 25,77 milliards de nairas. Un an plus tôt, la même activité perdait 6,49 milliards. La facture a donc presque quadruplé en douze mois. Dans les comptes du groupe, ce pôle regroupe la transformation d'anacarde, les activités agricoles et les projets d'expansion régionale. Autant de paris lancés pour réduire la dépendance aux chantiers publics nigérians, mais qui peinent à trouver leur équilibre.
L'anacarde illustre la difficulté. Le Nigeria est un gros producteur de noix brutes, mais la valeur ajoutée se fait ailleurs : transformation, conditionnement, exportation. Julius Berger a investi dans des unités de transformation pour capter cette marge, sauf que les coûts d'exploitation, l'énergie et la logistique grignotent les résultats. Les projets régionaux, eux, mobilisent des capitaux sans générer encore de revenus récurrents. Résultat : le segment diversification pèse sur la rentabilité globale alors que le cœur de métier, la construction, reste sous pression d'un carnet de commandes lié aux budgets publics.
Cette perte de 25,8 milliards de nairas intervient dans un contexte monétaire qui n'aide pas. Le naira reste faible face au dollar, ce qui renchérit les équipements importés et les intrants des filiales agricoles. Pour les opérateurs qui suivent les résultats du groupe, la question est simple : combien de temps la maison mère acceptera-t-elle de financer des activités déficitaires avant de couper ou de céder ? La direction n'a pas annoncé de plan de sortie pour l'instant, mais les analystes de Lagos scrutent la trésorerie du groupe à chaque publication.
Le dossier Julius Berger rappelle une réalité du patronat nigérian : la diversification coûte cher avant de rapporter. Les groupes qui se lancent dans l'agro-industrie ou l'expansion régionale doivent absorber des pertes initiales lourdes, avec un accès au crédit encore cher et une devise instable. Pour l'instant, le marché attend les chiffres du dernier trimestre pour voir si la perte se stabilise ou continue de gonfler. La réponse dira si la stratégie hors construction tient la route ou si elle devra être revue à la baisse.
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