Inflation au Nigeria : les salaires sous 70 000 nairas trinquent le plus, selon la CBN
68,4 % des Nigérians gagnant moins de 70 000 nairas par mois jugent l'inflation élevée, un record parmi les catégories de revenus sondées par la banque centrale en août 2026.

L'enquête de la Banque centrale du Nigeria ne laisse aucune place au doute. En août 2026, 68,4 % des Nigérians qui gagnent moins de 70 000 nairas par mois ont qualifié l'inflation d'élevée. C'est le score le plus haut jamais enregistré par l'institution parmi toutes les tranches de revenus qu'elle suit. Autrement dit, plus le salaire est bas, plus la hausse des prix pèse. Un fonctionnaire payé 60 000 nairas à Ibadan ne ressent pas la même chose qu'un cadre bancaire de Lagos qui en touche dix fois plus. Le premier consacre l'essentiel de son budget à la nourriture et au transport, deux postes où les prix ont flambé ces derniers mois.
Le chiffre de 68,4 % n'est pas un simple indicateur de moral. Il traduit un vrai basculement dans les dépenses quotidiennes. Le pain, le riz, le carburant pour le générateur, le ticket de bus : pour cette frange de la population, chaque hausse se répercute immédiatement. La CBN a beau multiplier les resserrements monétaires pour contenir l'inflation globale, l'effet met du temps à redescendre jusqu'aux ménages modestes. Ces derniers n'ont ni épargne tampon ni accès facile au crédit. Ils encaissent la hausse de plein fouet, sans marge de manœuvre.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Les proches restés au pays comptent souvent sur les envois d'argent pour boucler le mois. Quand les prix grimpent plus vite que les revenus, chaque naira transféré vaut moins dans le panier de la ménagère. Les opérateurs de change suivent de près ces écarts de pouvoir d'achat entre le Nigeria et ses voisins de la zone CFA.
La question qui monte à Abuja : cette pression sur les bas salaires va-t-elle forcer le gouvernement à relever le salaire minimum ou à élargir les aides ciblées ? Le Nigeria a déjà porté le minimum à 70 000 nairas en 2024, mais l'inflation a grignoté une partie du gain. Si la CBN maintient son cap restrictif, les ménages modestes resteront les derniers à sentir l'amélioration. C'est tout l'enjeu des prochains mois : faire baisser les prix sans casser la croissance.
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