Ghana : Patricia Poku-Diaby défie les multinationales du cacao avec le soutien d'Afreximbank
L'entrepreneure ghanéenne Patricia Poku-Diaby développe des capacités locales de transformation du cacao avec l'appui d'Afreximbank, alors que le Ghana veut retenir une plus grande part de la valeur de sa principale culture de rente.

Le Ghana produit environ 20 % du cacao mondial, mais ne transforme qu'une petite fraction de ses fèves. Le pays exporte massivement brut, laissant aux multinationales le soin de broyer, moudre et transformer. Patricia Poku-Diaby veut changer la donne. Son groupe, Plot Enterprise, construit des usines de transformation sur le sol ghanéen. L'objectif : capter localement la valeur ajoutée qui échappe depuis des décennies au premier producteur africain après la Côte d'Ivoire.
Afreximbank a choisi de soutenir ce projet. La banque panafricaine finance des infrastructures de broyage et de conditionnement, dans une logique de substitution aux importations de produits finis. Le Ghana importe encore une part importante de son chocolat et de ses produits dérivés, alors qu'il est l'un des plus gros producteurs de fèves au monde. Pour Accra, chaque tonne transformée sur place, c'est un emploi créé, une devise économisée et une chaîne de valeur mieux maîtrisée.
Le combat n'est pas seulement technique. Les multinationales comme Cargill, Barry Callebaut ou Olam contrôlent depuis longtemps l'achat, la logistique et la transformation. Leur puissance d'achat leur permet de dicter les prix aux planteurs. Un acteur local comme Poku-Diaby doit trouver sa place dans ce réseau dense, où les contrats se négocient souvent à l'avance et où l'accès au financement reste le principal obstacle. Le soutien d'Afreximbank réduit ce verrou, mais ne garantit pas l'accès aux marchés finaux, dominés par quelques acheteurs européens et asiatiques.
Le Ghana mise sur cette stratégie pour stabiliser ses recettes en devises. Le cacao représente environ 2 milliards de dollars d'exportations annuelles, mais la volatilité des cours mondiaux fragilise les budgets. Transformer sur place ne protège pas de la baisse des prix, mais cela permet de vendre plus cher un produit fini ou semi-fini. D'autres pays producteurs, comme la Côte d'Ivoire, tentent la même montée en gamme. La concurrence entre voisins pour attirer les investisseurs dans la transformation pourrait s'intensifier dans les prochaines années.
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