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Gaz africain : 115 milliards de dollars à trouver pour exploiter 15 000 milliards de mètres cubes

Le Forum des pays exportateurs de gaz estime qu'Afrique devra investir jusqu'à 115 milliards de dollars dans les infrastructures gazières entre 2031 et 2040 pour valoriser ses réserves, dont le Nigeria détient une part majeure.

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Rédaction SendXOF

Publié le 19 octobre 2026

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Gaz africain : 115 milliards de dollars à trouver pour exploiter 15 000 milliards de mètres cubes

L'Afrique dispose de 15 000 milliards de mètres cubes de réserves de gaz prouvées. Un trésor encore largement sous-exploité. Pour le transformer en électricité, en engrais ou en gaz naturel liquéfié, le Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) chiffre le besoin d'investissements à 115 milliards de dollars sur la décennie 2031-2040. Ce montant concerne uniquement les infrastructures intermédiaires : gazoducs, usines de liquéfaction, terminaux de regazéification. Autrement dit, le maillon qui relie les puits aux ports et aux centrales.

Le Nigeria est en première ligne. Le pays détient à lui seul plus de 200 000 milliards de pieds cubes de réserves, les plus importantes du continent. Mais faute de réseaux et de terminaux suffisants, une grande partie de ce gaz part en torchère ou reste bloquée sous terre. Les projets comme le gazoduc transsaharien ou l'extension de la capacité de NLNG à Bonny illustrent l'ampleur du chantier. Les opérateurs locaux, de la Nigerian National Petroleum Company aux producteurs indépendants, cherchent des financements à long terme. Les banques occidentales se montrent de plus en plus réticentes à financer les énergies fossiles, ce qui complique le montage des dossiers.

Pour les populations, l'enjeu dépasse les exportations. Le gaz sert à produire de l'électricité et à faire tourner les usines d'engrais. Sans ces investissements, les coupures de courant resteront la norme et les prix des denrées continueront de grimper. Le GECF insiste sur un point : les capitaux privés ne viendront que si les États africains offrent des cadres réglementaires stables et des contrats fiables. Le Nigeria a lancé plusieurs réformes en ce sens, mais les résultats tardent à se matérialiser sur le terrain.

La question du financement reste entière. Les 115 milliards de dollars ne représentent qu'une partie de la facture totale, qui inclut aussi l'exploration et la distribution. Les producteurs africains devront convaincre des investisseurs de plus en plus regardants sur les critères environnementaux. Le gaz est présenté comme une énergie de transition, moins polluante que le charbon. Mais les engagements climatiques des bailleurs de fonds pèsent lourd dans la balance. D'ici 2031, les choix faits aujourd'hui détermineront si l'Afrique pourra enfin tirer profit de son sous-sol ou si elle continuera d'importer du gaz qu'elle possède.

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