Fintech africaine : la croissance ne suffit plus, l'infrastructure doit suivre
Au Nigeria Fintech Forum, le patron de Belema Fintech, Michael Adesola, a appelé à renforcer les infrastructures numériques pour soutenir l'essor du secteur. Il insiste sur la fiabilité et la confiance des utilisateurs, au-delà des seuls volumes de transactions.

La fintech africaine affiche des croissances spectaculaires, mais elle repose sur des fondations encore fragiles. C'est le constat dressé par Michael Adesola, directeur général par intérim de Belema Fintech, lors du Nigeria Fintech Forum. Pour lui, la priorité n'est plus seulement d'acquérir des utilisateurs ou d'augmenter les volumes de transactions, mais de bâtir des infrastructures résilientes, capables d'encaisser les chocs et de mériter la confiance des clients.
Adesola a mis en garde contre une course à la croissance qui négligerait la robustesse des systèmes. Une panne, une faille de sécurité ou un retard de paiement peut anéantir des années de conquête commerciale. Les opérateurs doivent donc investir massivement dans la fiabilité de leurs plateformes, la redondance des réseaux et la protection des données. Pour la diaspora ouest-africaine, cette exigence change la donne sur le coût des transferts, où chaque minute d'indisponibilité se traduit par des pertes.
Le secteur attire pourtant des capitaux records. Les startups fintech du continent ont levé plus de 3 milliards de dollars en 2023, selon des données sectorielles. Le Nigeria, à lui seul, concentre une part importante de ces investissements. Mais cette manne ne sert à rien si les services plantent au moment où les utilisateurs en ont le plus besoin. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent cette exigence en affichant leurs taux en temps réel, afin que les commerçants ne soient jamais pris de court.
La résilience n'est pas un luxe, c'est une condition de survie. À mesure que les transactions financières numériques deviennent le quotidien de millions d'Africains, les acteurs qui négligent la qualité de service risquent de voir leurs clients fuir vers des concurrents plus solides. Les régulateurs, eux, surveillent de près. Leur message est clair : la croissance doit rimer avec solidité, sinon elle ne sera que passagère.
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