Fadahunsi : le marché des capitaux nigérian manque de profondeur et de confiance
Kayode Fadahunsi, patron d'AVA Capital, estime que le marché des capitaux nigérian doit gagner en profondeur et en confiance pour attirer davantage d'investisseurs et soutenir la croissance.

Kayode Fadahunsi ne mâche pas ses mots. Le directeur général d'AVA Capital Plc, une société de services financiers basée à Lagos, dresse un constat sans détour : le marché des capitaux nigérian souffre d'un déficit de profondeur. Trop peu d'entreprises cotées, des volumes d'échanges limités, une base d'investisseurs étroite. Pour lui, le problème n'est pas seulement technique. Il touche à la confiance. Sans confiance, pas d'investisseurs. Sans investisseurs, pas de liquidité. Et sans liquidité, le marché ne peut pas jouer son rôle de financement de l'économie réelle.
Le diagnostic n'est pas nouveau, mais il reste pertinent. La Bourse de Lagos, la NGX, compte moins de 160 sociétés cotées pour un pays de plus de 200 millions d'habitants. À titre de comparaison, la Bourse de Johannesburg en Afrique du Sud en compte près de 300, pour une population trois fois moindre. Les entreprises nigérianes préfèrent souvent se financer par la dette bancaire ou par des fonds privés, évitant la Bourse et ses exigences de transparence. Résultat : le marché reste dominé par quelques grosses capitalisations, tandis que les petites et moyennes entreprises peinent à y accéder.
Fadahunsi insiste sur un point : la confiance se construit par la régulation et la pédagogie. Les scandales financiers passés, les faillites retentissantes et les délais de règlement ont laissé des traces. Pour les investisseurs étrangers, la volatilité du naira et les restrictions de change ajoutent une couche d'incertitude. Pourtant, le potentiel est là. Une classe moyenne urbaine en expansion, des fonds de pension en croissance, une jeunesse connectée qui cherche des placements alternatifs. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, facilitant les mouvements de capitaux entre le Nigeria et ses voisins.
La question du jour n'est pas de savoir si le marché nigérian peut se développer, mais à quelle vitesse et pour qui. Fadahunsi plaide pour une sensibilisation accrue des épargnants et des entreprises. Il appelle à plus de transparence, à des produits adaptés aux besoins locaux, et à une régulation qui protège sans étouffer. Le chemin est long. Mais les ingrédients d'un marché plus profond existent. Reste à les assembler.
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