Énergie : les hôtels nigérians engloutissent la moitié de leurs recettes dans le diesel
Le patron du Panama Hotel alerte : face aux coupures d'électricité, certains établissements dépensent jusqu'à 50 % de leurs revenus en carburant pour faire tourner leurs groupes électrogènes.

Au Nigeria, faire tourner un hôtel coûte de plus en plus cher. Le directeur général du Panama Hotel, à Lagos, tire la sonnette d'alarme : l'énergie est devenue la première menace pour le secteur hôtelier. Sa facture parle d'elle-même. Dans certains établissements, le diesel engloutit jusqu'à la moitié du chiffre d'affaires. Un chiffre qui laisse peu de marge pour les salaires, l'entretien ou les investissements. La cause est connue : le réseau électrique national reste instable, et les groupes électrogènes prennent le relais plusieurs heures par jour. Or, le prix du gazole a flambé depuis la fin des subventions sur les carburants en 2023.
Le problème n'est pas propre aux hôtels de luxe. Les petits établissements, qui n'ont ni la trésorerie ni les contrats d'approvisionnement des grands groupes, encaissent de plein fouet. Un hôtel de 50 chambres à Ikeja ou Surulere peut voir sa facture énergétique doubler en un an. Résultat : des chambres plus chères pour les clients, des marges qui fondent, et parfois des fermetures. Le secteur hôtelier emploie des milliers de personnes et reste un maillon clé du tourisme d'affaires à Lagos et Abuja. Quand l'énergie déraille, c'est toute une chaîne qui tremble.
Les opérateurs réclament des solutions structurelles : un accès plus fiable au réseau, des tarifs industriels adaptés, et un vrai plan pour le gaz naturel comprimé. Certains investissent déjà dans le solaire pour réduire leur dépendance au diesel. Mais ces projets demandent du temps et des capitaux. En attendant, chaque coupure se paie comptant. Pour les voyageurs et la diaspora qui réservent des séjours au pays, cette pression sur les coûts finit par se répercuter sur les prix affichés.
La question dépasse le seul cas du Panama Hotel. Elle illustre un mal plus profond : une économie qui tourne au ralenti faute d'électricité stable. Tant que le Nigeria n'aura pas réglé son problème énergétique, des secteurs entiers — hôtellerie, industrie, commerce — continueront de payer le prix fort. Le diesel n'est pas qu'une dépense. C'est un signal : sans énergie fiable, la croissance reste fragile.
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