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Dette africaine : les intérêts dévorent les budgets santé et éducation dans 80 % des pays

La Banque mondiale révèle que le service de la dette publique dépasse les dépenses de santé ou d'éducation dans près de quatre pays subsahariens sur cinq, étouffant les finances publiques.

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Rédaction SendXOF

Publié le 11 octobre 2026

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Dette africaine : les intérêts dévorent les budgets santé et éducation dans 80 % des pays

La Banque mondiale a publié un constat qui douche les espoirs de reprise en Afrique subsaharienne. Dans près de 80 % des pays de la région, les paiements d'intérêts sur la dette publique dépassent désormais ce que ces États consacrent à la santé ou à l'éducation. Autrement dit, une part significative de leurs recettes fiscales part directement rembourser des créanciers, sans financer un seul lit d'hôpital ni une seule salle de classe. Le phénomène n'est pas nouveau, mais son ampleur atteint un niveau inédit depuis deux décennies.

Le mécanisme est simple, et cruel. Pour boucler leurs budgets, beaucoup de gouvernements ont emprunté massivement sur les marchés internationaux, souvent à des taux élevés. Quand les recettes en devises stagnent — croissance molle, cours des matières premières instables —, le poids de la dette gonfle mécaniquement. Résultat : les ministères des Finances arbitrent entre payer les intérêts ou financer les services publics. Ils paient les intérêts. La santé et l'éducation passent après.

Cette contrainte budgétaire pèse aussi sur les monnaies locales. Quand un État doit consacrer une part croissante de ses ressources au service de la dette, il réduit ses marges de manœuvre, et les pressions sur les changes s'intensifient. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts vers des pays où les besoins de liquidités en devises se font plus pressants.

Le FMI et la Banque mondiale multiplient les appels à une restructuration ordonnée des dettes africaines. Mais les négociations traînent, et chaque mois perdu creuse un peu plus le trou. Les pays qui s'en sortent le mieux sont ceux qui diversifient leurs exportations et élargissent leur base fiscale. Pour les autres, la marge de manœuvre se réduit d'année en année, et le financement des services essentiels devient un exercice d'équilibriste.

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