Des patrons nigérians à Kampala pour tisser un marché commun de l'investissement
Une délégation d'entrepreneurs nigérians menée par Inspired2Lead a plaidé à Kampala pour une intégration économique accélérée et des investissements transfrontaliers entre les pays africains.

La salle de conférence de Kampala sentait le café ougandais et l'envie de deals. Mardi, une délégation de patrons nigérians conduite par le réseau Inspired2Lead a posé ses cartons dans la capitale ougandaise. Objectif affiché : faire sauter les frontières qui freinent encore trop d'échanges entre les économies du continent. Le discours est simple. Pendant que l'Europe et l'Asie verrouillent leurs chaînes d'approvisionnement, l'Afrique a tout à gagner à regarder d'abord chez elle. Les échanges intra-africains plafonnent autour de 15 % du commerce total du continent, contre plus de 60 % en Europe. Un chiffre que les intervenants ont répété comme un leitmotiv.
Les obstacles ne manquent pas. Les barrières douanières, les changes multiples et les lourdeurs administratives découragent les PME qui voudraient s'étendre au-delà de leur marché national. Un industriel nigérian a raconté avoir mis six mois pour obtenir un agrément d'importation en Afrique de l'Est. Pour la diaspora ouest-africaine, ces blocages se traduisent aussi par des coûts de transfert élevés quand il s'agit de rapatrier des fonds d'un pays à l'autre. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, ce qui donne aux opérateurs une lecture immédiate du coût réel d'une transaction.
Le choix de Kampala n'est pas anodin. L'Ouganda s'est positionné comme un hub logistique pour l'Afrique de l'Est, avec le port de Mombasa à portée de camion et un climat des affaires qui séduit les investisseurs. Les Nigérians y voient une porte d'entrée vers le Kenya, la Tanzanie et le Rwanda. En retour, les Ougandais lorgnent sur le marché nigérian, 220 millions d'habitants et une classe moyenne qui consomme. Les échanges de bons procédés, en somme.
Reste à transformer les intentions en contrats. Les déclarations d'intention, les poignées de main et les photos de famille ne suffisent pas. Ce qui manque, ce sont des corridors commerciaux fonctionnels, des accords de paiement en monnaies locales et une volonté politique qui tienne au-delà des changements de gouvernement. La Zlecaf, entrée en vigueur en 2021, offre un cadre. Mais sur le terrain, les entreprises attendent des actes. Les patrons réunis à Kampala le savent : sans routes, sans banques interconnectées et sans règles stables, l'intégration restera un slogan de sommet.
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