Dangote refinery valorisé entre 77 700 et 82 600 milliards de nairas avant son introduction en Bourse
Deux cabinets nigérians, CardinalStone Research et Chapel Hill Denham, évaluent la raffinerie Dangote entre 77 700 et 82 600 milliards de nairas, au-dessus des 65 220 milliards attendus pour son IPO à la Bourse de Lagos.

Deux cabinets d'investissement nigérians ont sorti leur calculette et leurs modèles financiers pour évaluer Dangote Petroleum Refinery avant son entrée à la Bourse de Lagos. CardinalStone Research et Chapel Hill Denham s'accordent sur une fourchette de valorisation comprise entre 77 700 et 82 600 milliards de nairas. C'est nettement au-dessus des 65 220 milliards de nairas de capitalisation indicative que la raffinerie affichera lors de son introduction en Bourse. Cet écart de 19 à 27 % reflète la confiance des analystes dans la capacité de l'usine à générer des revenus une fois sa production de carburant pleinement opérationnelle.
Cette valorisation intervient alors que la raffinerie de Dangote, située à Lekki, près de Lagos, tourne déjà à pleine capacité pour le carburant aviation et l'essence. Le groupe a annoncé que 95 % du carburant aviation nigérian est désormais produit localement, une première pour le pays. Les investisseurs parient sur une montée en charge progressive de l'ensemble des unités de raffinage, qui devrait réduire la dépendance du Nigeria aux importations de carburant et alléger la pression sur la monnaie nationale. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car une moindre importation de carburant pourrait stabiliser le naira à moyen terme, et donc les taux de change appliqués aux envois de fonds.
Derrière ces chiffres, c'est tout un secteur qui se redessine. La raffinerie, d'une capacité de 650 000 barils par jour, est le plus grand projet industriel du Nigeria. Son introduction en Bourse permettra au public nigérian de prendre part à cette aventure, mais aussi de diversifier les sources de financement du groupe Dangote. Les analystes de Chapel Hill Denham soulignent que la valorisation reflète les flux de trésorerie futurs actualisés, mais aussi des hypothèses sur les prix du pétrole brut et les marges de raffinage. Des variables qui peuvent évoluer rapidement, comme le rappellent les fluctuations récentes des cours du brut.
L'opération, attendue dans les prochains mois, sera scrutée de près par les investisseurs internationaux. Elle pourrait redonner de l'attractivité à la Bourse de Lagos, qui cherche à séduire les capitaux étrangers après une année difficile. Si la valorisation est confirmée, Dangote Refinery deviendrait l'une des plus grosses capitalisations du continent africain. Mais le chemin est encore long : il faudra convaincre les régulateurs, finaliser le prospectus et surtout trouver preneurs pour des actions dont le prix n'est pas encore fixé. Une chose est sûre : le projet de Dangote ne cesse de bousculer les certitudes économiques du Nigeria.
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