Crédit bancaire aux industriels nigérians : chute de 26,8 % en un an
Les banques nigérianes ont réduit leurs prêts au secteur manufacturier à 5 190 milliards de nairas en juin 2026, contre 7 090 milliards un an plus tôt, selon la banque centrale. Les industriels font face à des coûts d'exploitation élevés et à un accès au financement plus restreint.

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a publié un chiffre qui ne passe pas inaperçu : l'encours des crédits bancaires au secteur manufacturier a reculé de 26,8 % sur un an, à 5 190 milliards de nairas en juin 2026. Un an plus tôt, les industriels nigérians empruntaient encore 7 090 milliards. La chute est brutale et elle intervient dans un contexte où les coûts de production ne cessent de grimper, entre énergie instable, logistique coûteuse et inflation persistante. Les entreprises qui fabriquent localement se retrouvent coincées : elles ont besoin de financer leurs stocks et leurs équipements, mais les banques se montrent de plus en plus sélectives.
Cette frilosité bancaire n'est pas anodine. Les taux d'intérêt restent élevés, ce qui renchérit le coût du crédit pour les industriels. Et les établissements financiers préfèrent souvent prêter à l'État ou à des secteurs moins risqués, comme le commerce de gros ou les services. Résultat : les usines tournent au ralenti, certaines reportent leurs investissements, d'autres réduisent leurs effectifs. Le crédit à la production devient une denrée rare, alors même que le pays cherche à diversifier son économie au-delà du pétrole. Pour les opérateurs, la question n'est plus seulement de trouver des clients, mais de trouver de quoi financer l'activité.
Le secteur manufacturier nigérian représente pourtant un maillon clé de l'économie, avec des filières comme l'agroalimentaire, le textile ou les matériaux de construction. Mais sans accès au crédit, ces industries peinent à monter en gamme et à créer des emplois durables. La CBN, de son côté, n'a pas encore annoncé de mesures spécifiques pour inverser la tendance. Les observateurs attendent de voir si la baisse des prêts se poursuivra au troisième trimestre, ou si les banques desserreront l'étau à mesure que l'inflation reflue. Pour l'instant, les industriels nigérians doivent composer avec un financement plus rare et plus cher, ce qui pèse sur leur compétitivité face aux importations.
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