Coton effondré : le Nigeria laisse 1 000 milliards de nairas au textile étranger
Le Nigeria importe pour plus de 1 000 milliards de nairas de tissus par an pendant que ses cotonculteurs et ses usines textiles ferment. Une dépendance qui pèse sur l'emploi et la monnaie.

Le Nigeria dépense chaque année plus de 1 000 milliards de nairas pour habiller sa population avec des tissus venus d'ailleurs. Dans le même temps, les fermes cotonnières du nord du pays et les usines de textile de Kaduna ou de Kano tournent au ralenti, quand elles ne sont pas à l'arrêt. La facture est double : elle sort des devises du pays et elle laisse sur le carreau des dizaines de milliers de travailleurs qui vivaient de cette filière. Le contraste est brutal entre un marché intérieur immense et une production locale qui s'étiole depuis des décennies.
La chute n'est pas venue d'un coup. Dans les années 1980, le Nigeria comptait plus de 170 usines textiles en activité. Elles sont moins de 30 aujourd'hui, selon les professionnels du secteur. Les causes s'empilent : électricité rare et chère, crédit inaccessible, contrebande de tissus asiatiques qui contourne les droits de douane, et absence de politique industrielle continue. Les rares fabricants qui tiennent encore debout achètent leur coton à l'étranger faute de qualité et de volumes suffisants en local, ce qui enfonce un peu plus les producteurs nigérians.
Cette dépendance aux importations a un coût macroéconomique direct. Chaque conteneur de tissu payé en dollars ou en yuans pèse sur les réserves de change et sur le naira, déjà malmené. Pour les commerçants et la diaspora qui transfèrent de l'argent vers le pays, cette pression sur la monnaie se retrouve dans les taux appliqués au quotidien. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces variations en temps réel sur leurs interfaces, ce qui permet aux opérateurs d'ajuster leurs envois sans attendre.
Relancer la filière coton-textile demanderait des choix clairs : sécuriser l'électricité dans les zones industrielles, garantir un prix plancher aux cotonculteurs, et frapper fort contre la contrebande. Le gouvernement nigérian a annoncé plusieurs plans depuis dix ans, sans résultat visible sur les chiffres d'importation. Tant que ces blocages persistent, le pays continuera de payer en devises ce qu'il pourrait produire chez lui. Et chaque année perdue rend la reconstruction de l'outil industriel un peu plus coûteuse.
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