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Le Nigeria exporte son cacao brut et importe du chocolat : un sénateur dénonce l'impasse

Le sénateur Neda Imasuen critique un système économique qui maintient le Nigeria dans l'exportation de fèves brutes et l'importation de produits finis, privant le pays de la valeur ajoutée de sa filière cacao.

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Rédaction SendXOF

Publié le 22 octobre 2026

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Le Nigeria exporte son cacao brut et importe du chocolat : un sénateur dénonce l'impasse

Le sénateur Neda Imasuen a mis les pieds dans le plat cette semaine : le Nigeria exporte des fèves de cacao et importe du chocolat. Une aberration économique qui résume, selon lui, la place assignée au pays dans les chaînes de valeur mondiales. Le constat n'est pas nouveau, mais il résonne avec une actualité brûlante : le cacao nigérian part à l'étranger pour être transformé, puis revient sous forme de tablettes, de poudres et de confiseries achetées plus cher. Le pays produit environ 280 000 tonnes de fèves par an, selon les estimations du secteur, mais transforme moins de 20 % de cette production localement. Le reste s'exporte brut, principalement vers l'Europe et l'Asie.

Le sénateur pointe un système qui, selon lui, condamne les producteurs à la misère et les consommateurs à la dépendance. Les chocolatiers européens achètent la matière première à bas prix, la transforment et revendent le produit fini à des prix qui n'ont plus rien à voir. Entre-temps, les agriculteurs nigérians touchent une fraction de la valeur finale. Cette asymétrie structurelle ne date pas d'hier : elle remonte à l'époque coloniale, quand les infrastructures et les circuits commerciaux ont été bâtis pour extraire des matières premières, pas pour industrialiser. Aujourd'hui, les obstacles à la transformation locale restent nombreux : coût de l'énergie, accès au crédit, normes de qualité, logistique. Les usines de transformation tournent souvent en sous-régime, faute d'électricité fiable ou de pièces détachées.

Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Car derrière le débat sur le cacao, c'est toute la question de la valeur ajoutée qui est posée. Un pays qui exporte brut et importe transformé s'appauvrit mécaniquement : il vend bon marché ce qu'il produit et achète cher ce qu'il consomme. Les économistes appellent cela la détérioration des termes de l'échange. Le Nigeria en est un cas d'école. Les recettes d'exportation de cacao ont rapporté environ 800 millions de dollars en 2023, selon les données de la CBN, mais la facture d'importation de produits chocolatés et de confiseries dépasse les 200 millions de dollars. Le différentiel est énorme.

Le sénateur Imasuen plaide pour une politique industrielle volontariste : soutien aux transformateurs locaux, fiscalité incitative, investissement dans les infrastructures rurales. D'autres pays producteurs, comme la Côte d'Ivoire ou le Ghana, ont tenté de relever le défi avec des résultats mitigés. La Côte d'Ivoire transforme désormais environ 35 % de sa production, contre moins de 10 % il y a vingt ans. Le Nigeria, lui, reste à la traîne. Sans électricité stable et sans accès au financement pour les petites unités de transformation, les fèves continueront de partir. Le débat est loin d'être clos, mais il pose une question de fond : combien de temps encore le Nigeria acceptera-t-il de vendre sa matière première pour racheter son propre produit fini ?

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